LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La mondialisation financière peut-elle se passer des paradis fiscaux ?

40 min
À retrouver dans l'émission

L'affaire n'en finit pas de faire des vagues. Depuis que les services secrets allemands se sont procuré la fameuse liste des détenteurs de comptes au Lichtenstein, et depuis surtout qu'Angela Merkel a lancé l'offensive contre la petite principauté, le scandale de la fraude fiscale s'étend dans de nombreux pays européens. Après le chiffre de 200 personnes concernées en France, en Italie, le vice-ministre de l'Economie parle d'au moins 150 personnes physiques et morales, dont peut-être des personnages de premier plan liés aux affaires ou à la politique, des députés notamment. En Espagne, le nombre de personnes visées serait d'une centaine. La Suède, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne enquêtent également de leur côté sur une centaine de cas chacun. Même l'Australie serait concernée. Le plus remarquable dans l'affaire n'est certainement pas le succès du Lichtenstein auprès de ceux, particuliers ou entreprises, qui cherchent à échapper au fisc que le comportement de l'Allemagne : la guerre-éclair contre Vaduz pourrait ouvrir une nouvelle page de l'histoire des paradis fiscaux. Jusqu'à présent le risque d'être découvert était si faible qu'il ne suffisait pas à décourager les fuites de capitaux. Aujourd'hui, l'Union européenne semble vouloir marquer le coup. Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a souligné que Monaco, Andorre, le Luxembourg, l'Autriche et la Suisse sont aussi concernés par leur manque de transparence en matière de secret bancaire et il a appelé à "lancer une bataille contre les paradis fiscaux en Europe". Il est vrai que les pays de l'Union perdent chaque année des sommes extravagantes ; les enquêtes menées par l'Allemagne ont déjà permis de localiser «plus de 200 millions » d'euros cachés au fisc. Mais ces méthodes font grincer des dents. Pierre Mirabaud, le président de la confédération des banques suisses a accusé, avec beaucoup d'élégance, les services secrets allemands d'utiliser les procédés de la Gestapo. C'est que le lobby de l'évasion fiscale est puissant et a de nombreuses ramifications et dans le monde de la finance et des grandes multinationales, et dans celui de la criminalité organisée, du narcotrafic ou du terrorisme. Ce n'est certainement pas un hasard si la presse italienne, familière des pratiques de la mafia, parle de la « dangerosité » de ces paradis que l'on se représente toujours en France comme des phénomènes parasitaires plutôt inoffensifs. La vraie question est justement celle-là : ces places offshore sont-elles des acteurs marginaux de la mondialisation financière ou en sont-elles le coeur ? Les tentatives de moralisation souvent impulsées par la sphère politique, comme c'est le cas encore aujourd'hui, peuvent-elles aboutir à des succès ou sont-elles vouées à l'échec ?

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......