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La présidentielle tournera-t-elle autour des valeurs ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Il y a peu de chances qu’on nous promette, l’an prochain, de nous changer la vie, comme en 1981. Aucun candidat sérieux n’osera s’engager à mettre fin à la fracture sociale et au chômage, comme en 1995. Les sondages montrent que les Français sont bien dégrisés de leur passion atavique pour la politique ils ont cessé « d’en attendre le miracle » - comme le leur reprochait tant Emmanuel Berl.

Le passage de la crise a rendu aussi nos dirigeants plus modestes elle les a contraints à un pragmatisme qui confine souvent à l’art de surfer sur d’énormes vagues en tentant de faire comme s’ils les dirigeaient… On peut leur appliquer le mot de Cocteau : « puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur »…

L’état de nos finances et de nos budgets sociaux, endettés pour des décennies, a rétréci les marges de manœuvre. Oubliés, le volontarisme politique, la « rupture » et les mouvements de menton en direction de la « dictature des marchés » : dés 2013 et pour longtemps, ce sera, au choix, rigueur de droite ou gauche de rigueur la hausse des prélèvements est absolument inévitable et la répartition de l’effort sera moins conditionnée par les préférences idéologiques que par la nécessité de renforcer « l’attractivité du territoire ». Zygmunt Bauman nous avait prévenu : face à la mondialisation, les politiques font semblant de décider. En réalité, ils subissent. Cela risque d’ôter aux campagnes électorales une part de leurs enjeux.

Heureusement, il reste le terrain des « valeurs » où le débat droite / gauche pourrait retrouver une part de sa pertinence. Non seulement, les questions de société ont le mérite de demeurer de notre souveraineté, mais elles servent en outre de révélateur aux divergences qui existent entre le Parti de l’Ordre et celui du Mouvement. L’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels ne concerne directement que très peu d’électeurs, mais elle contribuera à conférer quelque intérêt à la campagne électorale en marquant les camps en présence. Il en va de même pour la double nationalité des immigrés.

Reste à savoir si ces questions dites « culturelles » ne risquent pas de faire exploser la gauche comme la droite, où les positions sont loin d’être unanimes.

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