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La repentance favorise-t-elle l'intégration?

40 min
À retrouver dans l'émission

«Ce n'est certainement pas en enseignant aux enfants de l'immigration que les Français ont été les bourreaux de leurs parents qu'on facilitera leur intégration.» Voilà ce que déclare Malika Sorel dans une interview publiée par la revue Le Débat. On a pourtant souvent entendu le point de vue inverse. Tout un courant historiographique lié au concept de «postcolonialité» incrimine, au contraire, le «déni» et le «refoulement» de l'histoire coloniale par le «roman national». Ce courant, promu par de jeunes historiens de gauche attribue à ce déni et à ce refoulement du passé colonial certaines des tensions intercommunautaires qui travaillent la société française. Ces conflits seraient dus aux représentations issues de la colonisation, lesquelles continueraient d'imprégner les mentalités françaises. En outre, les populations issues de l'immigration auraient le sentiment de revivre, à travers la relégation dont elles sont victimes, une situation de type colonial. C'est par exemple la thèse soutenue par Pascal Blanchard dans l'introduction au livre «La fracture coloniale». Le débat à propos de la «repentance» que devraient pratiquer les anciennes puissances coloniales - s'inspirant du précédent de l'Allemagne face à la Shoah - a été un temps confiné au milieu des historiens et des moralistes. Durant la campagne électorale présidentielle, il a fait irruption dans le champ politique. C'est Nicolas Sarkozy qui l'y a introduit en déclarant notamment : «Je déteste la repentance qui veut nous interdire d'être fiers d'être Français, qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires et qui est un obstacle à l'intégration, parce qu'on a rarement envie de s'intégrer à ce que l'on a appris à détester.» Ségolène Royal, à son tour, se trouva obligée de se situer. «La France doit assumer son histoire, toute son histoire. Sans amnésie et sans repentance», déclara la candidate du PS. Mais elle ajoutait : «Mais je crois que notre pays doit aussi être capable de porter un regard apaisé et de poser les mots justes sur les pages plus sombres de notre histoire commune. Nous devons être capables de reconnaître la colonisation pour ce qu'elle fit : dominer et spolier. En outre, ce n'est jamais aux descendants de payer pour les crimes qu'ils n'ont pas commis. Mais tous comptables de la transmission de l'histoire collective, oui !» On le voit, la question de la «repentance» fait désormais partie du débat politique.

Intervenants
  • Historien, chercheur au CNRS au Laboratoire communication et politique, spécialiste du "fait colonial" et des immigrations en France
  • essayiste et ancien membre du Haut Conseil à l'intégration
  • historien, éditeur, membre de l'Académie française
L'équipe
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Production déléguée
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