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La république maternelle : genre et politique.

40 min
À retrouver dans l'émission

A l'annonce de sa candidature à l'investiture du PS, Ségolène Royal s'était, tout le monde s'en souvient, retrouvée en butte à des réflexions explicitement machistes, dont le fameux « Qui va garder les enfants ? ». Député UMP, Valérie Pécresse elle-même n'hésitait pas à analyser le succès de sa rivale comme une réponse du berger à la bergère - ou plutôt de la bergère au berger : c'est parce qu'elle ne représentait pas un danger pour les dits éléphants du PS que Ségolène Royal avait pu participer à la compétition et...la gagner à la surprise générale. Mais a-t-elle remporté cette première victoire parce qu'elle est une femme ? Difficile de répondre à cette question de manière catégorique, mais il est certain que, plutôt que d'effacer son appartenance au sexe féminin, S. Royal a décidé d'en jouer comme d'un atout. Elle qui a promis que sa première loi-cadre concernerait les femmes, parie sur une incarnation toute féminine du pouvoir, présentée comme une force de renouvellement dans une démocratie en crise. Mais voilà : très vite on est passé de la femme, à la mère. Pendant son discours de Villepinte, la semaine dernière, elle a à plusieurs reprises répété qu'elle faisait ses promesses « en tant que mère ». D'une certaine manière, c'est l'évidence -et le piège : de quel autre pouvoir sont dotées les femmes sinon de celui qu'elle exerce sur leurs enfants ? Quelle figure revendiquer quand on est une femme, sinon celle de la mère toute- puissante et rassurante ? Déception, évidemment, chez ceux qui voulait se débarrasser d'une Ve République, gaullienne et paternaliste, et qui voient se profiler comme désir d'avenir une république maternelle dirigée par une Super Nounou. Conclusion en forme de questions après ces constats : est-ce qu'en politique, le genre peut être neutre ? Margaret Tchatcher ou Indira Gandhi étaient-elles des femmes, ou des hommes, politiques ? Et pourquoi la figure maternelle du pouvoir provoque-t-elle une défiance plus profonde, plus instinctive, que la figure paternelle, pourtant dure et cassante, dit-on ? Sommes-nous tous des machistes en puissance ?

Intervenants
  • Ecrivain
  • sociologue, Professeur à l’Université Paris-8 Vincennes-Saint Denis (Département de science politique et Département d’études de genre), Chercheur au LEGS (Laboratoire d'études de genre et de sexualité, CNRS / Paris-8 / Paris-Nanterre)
  • députée France Insoumise de Seine-Saint-Denis, co-directrice de « Regards ».
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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