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La Russie hausse le ton

40 min
À retrouver dans l'émission

« Bien sûr que je suis un pur et absolu démocrate ! La tragédie, c'est que je suis le seul pur démocrate au monde. Voyez les Etats-Unis : des tortures horribles, des sans-abris, Guantanamo. Voyez l'Europe : des manifestations violentes, durement réprimées. [...] Depuis la mort de Gandhi, je n'ai personne à qui parler ! » Quand Vladimir Poutine, le tsar glacial de toutes les Russies, fait ce genre de déclaration, on peut se demander s'il a perdu la tête ou s'il se moque de ses interlocuteurs occidentaux. Comme l'écrit Alain Frachon dans Le Monde 2 d'aujourd'hui, « à ce niveau d'irréalité, mieux vaut prêter au président russe une intention comique, tant le propos paraît cynique et provoquant. » Reste que les menaces qu'il a formulées envers les Européens lors de la même interview au Figaro ont fait souffler une bise sibérienne sur le récent G8. Arguant de ce que le système anti-missile américain, qui serait basé en Pologne et en République tchèque, « menacerait le territoire de la Russie jusqu'à l'Oural », je cite le président russe, « bien sûr nous devrons avoir des cibles en Europe. Quels moyens utiliserons-nous ? Des missiles balistiques, des missiles de croisière, ou de nouveaux systèmes d'armement, c'est une question technique. » Il est scandaleux que la question des armes de destruction massive braquées sur Paris, Londres et Berlin soit traitée, par le président russe comme purement technique... L'Europe, elle, ne menace personne. Lors du G8, Vladimir Poutine a fait une nouvelle proposition, en offrant au système d'interception américain en Europe la station de radar de Gabala, en Azerbaïdjan - à la place de la République tchèque. Chacun comprend bien que le ton offensif du président russe est calculé ; il doit être compris dans le cadre d'une grande négociation, dont font partie le statut du Kosovo, l'accord de fourniture du pétrole et du gaz russe à l'Europe, et l'influence que l'Union entend exercer sur les anciennes républiques soviétiques. En attendant, Moscou reste fidèle à sa stratégie habituelle : tenter de diviser les Européens afin de négocier individuellement avec chacun d'entre ces petits Etats, facilement influençables. Reste qu'il sera moins facile de rouler dans la farine Prodi, Merkel et Sarkozy que ce fut le cas avec Berlusconi, Schröder et Chirac qui, pour des raisons diverses, mangeaient dans la main du maître du Kremlin. L'Europe est peut-être moins divisée et plus résolue qu'elle l'était il y a deux ans. Sommes-nous, pour autant, à la veille d'une nouvelle guerre froide avec la Russie ?

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