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La sarkonomics sur la sellette

40 min
À retrouver dans l'émission

La politique économique de Nicolas Sarkozy manquait déjà de lisibilité. La conjoncture économique internationale et le moment politique français vont-ils en outre obliger le gouvernement à revoir un programme de réformes à peine engagé ? Idéologiquement, Nicolas Sarkozy n'a cessé de dérouter l'analyse. Libéral ou dirigiste ? Libérales, la modernisation du marché du travail, libérale, la fusion ANPE-UNEDIC, ou encore l'alignement des retraites des régimes spéciaux sur celles des fonctionnaires. Mais dirigiste, la politique industrielle visant à la constitution de « champions nationaux », dirigistes, les attaques contre la Banque Centrale Européenne, accusée d'être obnubilée par la lutte contre l'inflation au détriment de la croissance. Pas très libéral, non plus, le diagnostique initial sur les causes de la croissance molle en France. Une affaire de demande finale insuffisante, selon le président de la République. Alors que « la plupart des économistes, à droite comme à gauche », comme l'écrit Sandra Moatti, dans Alternatives Economiques, « s'accordent pour reconnaître que l'activité butte aujourd'hui en France, non sur un déficit de la demande - la consommation est au contraire le principal moteur de la croissance - mais sur des contraintes d'offres. » Du coup, la politique de soutien à la demande, engagée d'entrée de jeu, risque de miser à côté de la plaque. Tel est l'avis de François Lenglet dans Enjeux-Les Echos, qui évoque, à propos du « paquet fiscal » de l'été 2007, le précédent désastreux de la « relance à contretemps » de Mitterrand en 1981-1982. La croissance du pouvoir d'achat, pour être « soutenable », ne peut aller plus vite que l'amélioration de la productivité. Sinon, comme l'écrit encore Lenglet, « les mesures de soutien à la consommation, financées par le budget de l'Etat, servent l'achat de téléviseurs chinois ou de consoles de jeux japonaises. » En outre, les réformes passent souvent par le « rachat » des avantages conquis, au fil du temps, par certaines corporations. Avec quel argent financer ces compensations, si le budget de l'Etat présente un déficit aggravé ? L'économiste anglais Philip Whyte, dans un article en ligne sur la Sarkonomics, analysait ainsi la stratégie du nouveau gouvernement français : des réformes structurelles destinées à relancer la croissance à long terme, accompagnées d'une politique budgétaire assez laxiste à court terme. Ca peut marcher, selon Philip Whyte, qui ajoute « mais s'il recule, son autorité, sa capacité à réformer seront anéanties ». Or, du résultat des élections municipales, le pouvoir sort affaibli. Si une majorité de Français continue à réclamer les réformes, et même une accélération de leur rythme à 39 %, ils sont dorénavant 60 % à considérer la politique économique du gouvernement comme mauvaise, contre 34 % qui la trouvent bonne. Et la conjoncture internationale va se traduire par une croissance moindre que prévu. Dans ces conditions, le cap fixé l'an dernier doit-il être maintenu ou changé ?

Intervenants
  • Economiste et analyste politique, professeur titulaire de la chaire d'économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
  • Journaliste, chef du service politique au Monde et au Monde.fr
  • économiste, maître de conférences à Paris I-Panthéon-Sorbonne, ancien député européen et fondateur de la Nouvelle Gauche Socialiste
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
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