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La science est -elle pervertie par l'obsession de l'évaluation ?

40 min
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Et si la science s'écroulait, demain, sous son propre poids, comme à bout de souffle, anémiée par de longues années de compétition stérile et de bureaucratisation galopante ? C'est une question évidemment incongrue en ce jour où nous fêtons les 70 ans du CNRS, mais, pour être incongrue, elle n'en est pas moins très sérieusement posée par notre invité Laurent Ségalat, lui-même directeur de recherches dans la susdite institution. Dans un court essai, stimulant, le chercheur brosse un paysage scientifique qui fait froid dans le dos : d'un côté, une mise en concurrence généralisée qui a transformé le sens même du métier et qui attise les passions les plus basses, quitte à sélectionner non pas les meilleurs cerveaux mais les plus adaptés au système ; de l'autre, une pression constante de l'évaluation qui génère la production d'articles dépourvus d'intérêt, qui suscite des comportements des plus désinvoltes avec la réalité, quand elle n'incite pas tout simplement à la fraude. Bref, en ce début de 21ème siècle, la science va mal, si mal, écrit Laurent Ségalat, que la confiance des chercheurs dans les résultats de leurs confrères ne cesse de diminuer. Ce n'est guère qu'aux yeux du grand public que la science garde tout son lustre d'antan. Qu'à cela ne tienne, les politiques continuent de chanter les vertus de la compétition, et les agences d'évaluation de rendre un culte appuyé à l'impact factor. Ont-ils raison ? Ont-ils tort ? La qualité de la production scientifique mondiale est-elle vraiment menacée ?

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