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La sécurisation des parcours professionnels ; peut-on importer la flexi-sécurité en France ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Souvenez-vous, c'était l'an dernier. Devenus enfin conscients de l'état désastreux du marché du travail dans notre pays et de l'exaspération croissante des 4 à 5 millions de nos compatriotes privés d'emplois, certains responsables politiques de la gauche moderniste et de la droite réformiste s'intéressaient de près au modèle danois de flexicurité. Comment font-ils à Copenhague, disaient-ils, pour que 76 % des Danois âgés de 15 à 64 ans soient effectivement au travail (taux d'emploi), quand les Français du même âge ne sont que 63% ? Comment font ces gens-là pour trouver du boulot même à leurs enfants, puisque 67 % des Danois de 15 à 24 ans sont déjà sur le marché du travail, quand nos enfants à nous ne sont que 33 % à avoir tenté leur chance et qu'en plus, 23 % de ces 33 % sont déjà chômeurs ? La réponse est venue des spécialistes de la comparaison entre systèmes sociaux, comme Bernard Gazier ou Christèle Meilland : au lieu de tenter de protéger les emplois par des lignes Maginot épaisses des 2 500 pages de notre Code du Travail, les Danois ont échangé « une réglementation particulièrement libérale en matière de licenciement » contre la quasi-certitude de retrouver un emploi en cas de licenciement, des indemnités chômage généreuse et un accompagnement individualisé de l'Etat dans leur entreprise de reconversion. Cesser de « protéger l'emploi », pour protéger les parcours professionnels. Et de préférence accompagner les salariés dans leur ascension sociale. Tout le monde est gagnant. Les entreprises sont particulièrement compétitives : le Danemark exporte la moitié de sa production. Les salariés peuvent se risquer à changer de boulot, se former pour grimper dans la hiérarchie des savoirs et des revenus. L'Etat, lui, veille à l'employabilité des Danois, qu'un guichet unique accompagne dans leur acquisition de nouvelles compétences et de recherche d'emploi. On parlait beaucoup de tout ça avant que ne s'ouvre la campagne électorale. Mais les spécialistes du marketing politique déconseillent aux candidats de soulever les questions qui risquent de diviser, de jeter le doute sur l'efficacité du fameux modèle social « que le monde nous envie ». Pas consensuel. Il faut leur rafraîchir la mémoire : l'emploi demeure, plus encore qu'il y a deux ans, la préoccupation n° 1 des Français. A la question « parmi les thèmes suivants, quels sont ceux qui comptent le plus dans votre choix du candidat à l'élection présidentielle ?, arrive en tête « le chômage » avec 44 %, suivie de « l'amélioration du pouvoir d'achat » avec 36 %, la protection sociale avec 34%. La lutte contre l'insécurité n'arrivant cette fois qu'en 6° position, avec 27 %. (sondage SOFRES pour LCI et RTL du 19 février).

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