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L'agenda chamboulé de la présidence française

40 min
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S'il y a un dossier où la « poisse » semble s'acharner sur le président de la République, c'est bien celui de l'Europe. Nicolas Sarkozy avait annoncé « le retour de la France en Europe et de l'Europe en France ». Il comptait bien capitaliser, durant le semestre de la présidence française, l'acquis du Traité de Lisbonne - même si les innovations institutionnelles les plus intéressantes prévues par ledit Traité ne devaient entrer en vigueur qu'en novembre 2014... L'affaire de la gouvernabilité de l'Union étant enfin réglée, la présidence française aurait pu en effet s'attaquer à une liste de « priorités », largement reconnues par ses partenaires. Rappelons ces « priorités » : le « paquet énergie-climat », la régulation des flux migratoires, la relance de l'Europe de la défense et une réforme de la PAC pas trop défavorable aux intérêts des agriculteurs français. Patatras ! Le « non » irlandais, le plus inattendu de l'UE, a sans doute ruiné une bonne partie de l'édifice de la « présidence française ». Lorsqu'on ne parvient pas à se mettre d'accord sur le système de prise de décision, il est difficile de décider quoi que ce soit. Comme après chaque désaveu par les peuples, artisans et partisans de l'intégration européenne semblent en panne d'idées et sur le diagnostique et sur le traitement à prescrire. La mécanique intégrationniste a-t-elle été trop vite, négligeant des identités nationales qui se rebiffent ? Si l'UE s'avère incapable de définir les limites géographiques de son extension, n'est-ce pas parce qu'elle n'a ni identité, ni projet, ni substance ? Voulons-nous construire un acteur politique majeur ou simplement un grand marché ? L'UE est-elle simplement la victime collatérale du gouffre d'incompréhension réciproque qui va se creusant entre les peuples européens et leurs élites ? Faut-il repolitiser l'UE en faisant davantage correspondre la composition de la Commission avec la majorité partisane au Parlement européen ? Faut-il poursuivre dans la voie de l'intégration avec un petit groupe de pays désireux de le faire dans une Union à géométrie variable et à coopérations renforcées ? Certains experts, écoutés par l'Elysée, poussent carrément à la rupture de la discipline communautaire à propos de la taxation des produits pétroliers. D'autres proposent de poursuivre comme si rien ne s'était passé. Dans une semaine exactement, nous saurons avec précision en quoi la crise irlandaise a bousculé l'agenda de la présidence française. D'ici là, tentons d'anticiper.

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