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Le médicament dans nos sociétés

40 min
À retrouver dans l'émission

Curieusement la très sérieuse étude anglo-américaine publiée il y a tout juste deux mois par la revue Plos-medecine n'a pas troublé outre mesure le monde médical. Elle concluait pourtant à la quasi-absence d'effet sur les patients du Prozac et d'autres antidépresseurs connus comme le Deroxat. Le groupe d'experts a analysé les données publiées et non publiées - mais mises à disposition des organismes de certification britannique et américain - concernant 47 essais cliniques d'inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Selon l'étude, pour les dépressions légères et pour la plupart des graves dépressions, ces antidépresseurs sont comparables en termes d'effets à des placebos. S'il y a bien des médicaments en lesquels on croyait, nous Français, ce sont bien ceux-là. Nous sommes les premiers consommateurs en Europe de psychotropes. Quelle déconvenue tout de même si cette étude était confirmée. Bernés par l'effet placebo..., ou si l'on change de perspective, soignés par l'effet placebo ce qui jette soudain un doute sur toutes les prescriptions : se pourrait-il que tous nos médicaments ne soient que de la mie de pain ? Ne vous en moquez pas, administrée très sérieusement, sous pseudonyme, la Mica Panis a elle-aussi des vertus incroyables : elle fait cesser la douleur de plus de 3 patients sur 10. C'est que le médicament n'est pas un objet simple ; dès lors qu'il entre dans la sphère des interactions sociales, il est autre chose que sa formule pharmacologique. L'industrie du médicament d'ailleurs a bien compris le poids déterminant des effets de croyance dans son efficacité au point de développer en priorité son secteur marketing. Mais alors si certains médicaments, beaucoup peut-être, ne rendent pas le service médical qu'on leur prête, pourquoi continuer à les rembourser ? Eh bien précisément parce qu'ils nous guérissent tout de même...prenons l'exemple d'un banal sirop contre la toux : il est inoffensif, il va permettre aux parents d'accompagner les rhumes de leur enfant tout l'hiver. Le sentiment d'aider à la guérison de leur enfant les détournera de nouvelles consultations : n'est-ce pas autant de gagner pour la Sécurité sociale ? Une question donc aujourd'hui : nos médicaments valent-ils plus que la pharmacopée traditionnelle ?

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