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Le rassemblement des droites, un pari perdu ?

37 min
À retrouver dans l'émission

La France n’a jamais connu de grand parti conservateur, tels que les Républicains américains ou les tories anglais sont parvenus à en édifier chez eux, mobilisant toutes les forces de la droite sous un étendard unique. Depuis les débuts de la V° République, ont coexisté deux familles politiques, l’une patriote, autoritaire et populaire, se référant à la personne ou à l’héritage du général de Gaulle, l’autre, libérale, décentralisatrice et favorable à l’intégration européenne et à l’alliance atlantique, qu’ont incarnée des personnalités comme Jean Lecanuet ou Valéry Giscard d’Estaing.

La cohabitation entre ces deux familles n’a pas été toujours très harmonieuse : bien des choses les opposent. Mais le système imaginé par le fondateur pousse aux alliances de second tour, à l’affrontement entre un bloc de droite et un bloc de gauche. Gaullistes et centristes se désistent mutuellement les uns pour les autres. On parle d’une droite qui « marche sur ses deux jambes ».

L’apparition et la montée électorale du Front National sont venus remettre en cause cet équilibre. Significativement, c’est en effet entre les deux tours de la présidentielle de 2002, face au problème créé à la droite de gouvernement par la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour, que Jacques Chirac est arrivé à mener à bien son projet de fédération du RPR et de l’UDF. Nicolas Sarkozy s’est emparé en novembre 2004 de la belle machine électorale créée par son prédécesseur et l’a mise au service de son ambition présidentielle. Mais déjà, le score inattendu remporté par François Bayrou au premier tour de 2007 montrait qu’une partie de l’électorat de l’UDF refusait la fusion et maintenait son cap.

Au cours des dernières semaines, on a vu se multiplier les signes de fracture au sein de la droite. C’est d’abord l’aventure de Jean-Louis Borloo, entraînant dans son Alliance républicaine des personnalités qui se reconnaissent dans un centrisme social et écologique. Borloo, qui refuse de rentrer dans le rang, malgré le risque d’un « 21 avril à l’envers ». Des personnalités plus isolées, comme Dominique de Villepin, Christine Boutin, ou Nicolas Dupont-Aignan semblent prêtes, elles aussi, à courir sous leurs propres couleurs, l’an prochain. Enfin, au sein même du groupe parlementaire UMP, on a vu s’opposer droite populaire et centristes à propos de la double nationalité, libéraux et gaullistes sociaux sur la question des 35 heures. Bref, la fédération des droites semble mal en point. L’UMP risque-t-elle l’implosion ?

Intervenants
  • Enseigne à l'université Paris XI le droit public français et européen et la sociologie politique
  • éditorialiste au Monde et ex rédactrice en chef au service "Europe France"
  • Historien, Président de l'université Blaise-Pascal Clermont III
  • Journaliste politique en charge de la droite au Journal du dimanche
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