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Le traitement de la campagne électorale par les médias convient-il aux citoyens ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Les Français ne jugent pas la campagne satisfaisante. Début février, ils étaient 71% à juger qu'elle était de mauvaise qualité, 84% à penser que les critiques personnelles occupaient trop de place. Toujours amateurs de sondages, les médias ont relayé ce chiffre. Aucun à ma connaissance ne s'est remis en cause... et pourtant l'occasion était belle : si les journalistes que nous sommes ne faisaient pas, ou pas assez bien, leur travail de relais ? Si les Français en avaient marre des commentaires sur la couleur de la robe ou la forme physique, se contre-fichaient des reports de voix au deuxième tour, et attendaient plutôt de nous un décryptage attentif des programmes ? « Près de deux siècles après sa naissance en France, la presse grand public, écrit Daniel Schneidermann, dans Libération, porte encore les stigmates de ses origines : l'antichambre des princes ». Une formule du même Scheidermann a provoqué des remous au sein des collaborateurs réguliers du journal Libération. Elle est violente, met en cause un homme qui depuis a eu suffisamment de déboires pour qu'on le laisse tranquille, mais le sens en est clair : le journalisme français oscille entre l'élucubration fumeuse et le micro-trottoir. D'ailleurs le discrédit des journalistes politiques auprès des Français est tel que les téléspectateurs préfèrent désormais, aux entretiens classiques et critiques (mais c'est vrai si peu), les émissions qui rassemblent un panel de citoyens bien incapables pourtant, faute d'informations suffisantes et de micros ( ou parfois les deux), de se porter en faux contre ce qui vient d'être asséné. Le succès des blogs est peut-être à analyser à la même aune, celle d'un sentiment, largement discutable, que s'y déploie une parole plus directe, donc plus vraie et libre. Mais attention la faute de ce désamour n'est certainement pas à imputer aux journalistes seuls. Il ne faut pas oublier l'attitude des politiques qui en France délégitiment facilement le questionnement dès qu'il devient trop gênant. Ils n'ont qu'à se féliciter de la crédibilité en berne de la parole journalistique. La critique des médias devient même un argument de campagne qui paie sans que l'on sache, de la part de ceux qui la portent, s'il s'agit d'un véritable souci démocratique ou d'un intérêt bien senti.

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