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L'éducation nationale a-t-elle besoin de ficher ses élèves ?

40 min
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On a beau savoir qu'ainsi va le progrès, que nous toujours plus fichés, toujours plus surveillés, repérés dans nos faits et gestes, l'idée que l'Education Nationale ait tenté elle-aussi de mettre nos enfants en fiche ne laisse pas de nous interroger. Car même si des garanties ont été exigées par la CNIL ces derniers mois, il aura bien fallu la mobilisation des parents et des enseignants pour nous avertir que ce nouvel outil de gestion possédait des caractéristiques inquiétantes. Le dispositif qu'on appelle « base élèves » concerne tous les enfants des écoles maternelles et élémentaires, privées et publiques. Son objectif est la gestion administrative (aussi bien l'inscription scolaire que l'absentéisme, la répartition dans les classes que le suivi des effectifs) ; il recoupe aussi des informations sur les aides au parcours scolaire et permet, en dernier ressort, l'élaboration de statistiques académiques et nationales. A l'origine, trois données devaient y figurer : la nationalité des élèves, leurs "langue et culture d'origine" et la date d'entrée en France des enfants de nationalité étrangère. Devant l'émotion suscitée par le recueil de tels renseignements, l'Education Nationale s'est engagé en automne dernier à ce qu'elles n'y figurent plus. Néanmoins, la « base élèves » qui doit s'appliquer à toutes les écoles dès la rentrée prochaine, après sa phase d'expérimentation, continue de subir la contestation des syndicats et des associations de défense des droits de l'homme. L'idée d'un fichier national et surtout sa confidentialité posent encore problème. Il y a tout juste un an, le Canard Enchaîné, avait démontré que sa consultation était à la portée de n'importe quel internaute. Par ailleurs, le croisement des fichiers avec ceux de la mairie et des allocations familiales était légitimement source d'inquiétudes. Depuis l'Education Nationale, à la demande de la CNIL, a largement amendé le contenu comme le fonctionnement technique de ce fichier. Reste pour nous l'interrogation sur l'absence de scrupules sinon l'aisance avec laquelle l'administration publique manie ces outils de gestion et de statistiques qui sont aussi potentiellement des instruments de contrôle. L'Education nationale ne vient-elle pas de retirer, encore très récemment, des questionnaires adressés aux enfants de CM2 où on leur demandait la langue parlée à la maison, le lieu de naissance des parents et l'ennui éprouvé en classe ? L'amour des statistiques, le souci d'améliorer l'offre éducative en fonction des publics, suffisent-ils à justifier ces enquêtes ?

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