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Les Américains exportent-ils leur inflation ?

38 min
À retrouver dans l'émission

Avec:

Edouard Tétreau , fondateur de la société Media Fin , et créateur du site etatsunisdeurope.com

Auteur de : Quand le dollar nous tue (Grasset, mai 2011)

et

André Cartapanis, Economiste, Professeur à Sciences Po Aix, Président de l’Association française de Science Economique

Henri Guaino a prévenu : à Deauville, jeudi prochain, le G8 discutera nucléaire, révolutions arabes, régulation de la toile, processus de paix au Proche-Orient mais de finance, il ne sera pas question. « Ca concerne le G 20 », précise le sherpa élyséen. Peut-être n’y a-t-il pas urgence. Nul ne sait, en effet, quand la bombe à retardement de la dette publique américaine va exploser.

Il y a une semaine jour pour jour, le Secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, annonçait que la dette fédérale avait atteint le plafond légal fixé par le Congrès des Etats-Unis : 14 294 milliards $. Théoriquement, les Etats-Unis sont donc en défaut de paiement depuis une semaine. Faute d’accord avec le Congrès pour relever une nouvelle fois le fameux plafond de la dette, le Trésor américain en est réduit à des manipulations comptables pour continuer à payer ses fonctionnaires. Les caisses de retraite, elles, ont provisoirement cessé d’être alimentées…

Depuis trois ans, le déficit public américain tourne autour des 10 % de PIB l’an. Dans le récent Fiscal Monitor du FMI, on découvre que la situation financière des Etats-Unis (comme celle du Japon, du reste) est pire que celle de la Grèce et du Portugal. Pourquoi les pénibles sacrifices imposés à ces derniers sont-ils épargnés aux Etats-Unis ?

Parce que leur monnaie est en position dominante et qu’ils s’en servent pour exporter chez les autres l’inflation qu’ils ont déclenchée. D’où la hausse spectaculaire des prix des matières premières et des sources d’énergie, les marches de la faim, les révolutions arabes….

Cette inflation, les Etats-Unis l’ont provoquée en arrosant l’incendie de leur crise avec des hectolitres de liquidités. Qu’on en juge : la FED prête à taux négatif, incitant les spéculateurs à soutenir les cours de la Bourse. Au titre des « mesures non conventionnelles » dites de « quantitative easing », la même FED a racheté, à deux reprises, des milliards de Bons du Trésor américain, de manière à faire baisser artificiellement les rendements exigés.

Mais comme on sait depuis l’Allemagne de Weimar, l’inflation est la seule ressource des Etats qui ne peuvent plus faire face à leurs dettes. Ils effacent ainsi l’ardoise en pratiquant « l’euthanasie du rentier », comme disait Keynes. Et d’ailleurs, pourquoi pas ? suggèrent certains commentateurs qui verraient dans le procédé une manière d’annuler les créances que les vieux riches et dépensiers détiennent sur le travail à venir des jeunes pauvres.

Intervenants
  • Professeur d’économie et de finances internationales à Sciences-Po Aix et membre du Cercle des économistes
  • essayiste, conseiller de dirigeants d’entreprises
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