LE DIRECT

Les chômeurs vont-ils faire les frais de la fusion ANPE / Assedic ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Il y a des bonnes idées qui arrivent au mauvais moment. Prenez la fusion ANPE-ASSEDIC. Il était manifestement de l'intérêt des chômeurs de disposer d'un « guichet unique », d'un conseiller personnel, pour leurs démarches de recherche d'emploi, de formation et d'indemnisation. C'était une revendication de longue date du Mouvement national des chômeurs et précaires. Les exemples britannique (« job centers »), allemand, finlandais avaient démontré l'efficacité du « guichet unique ». La personne en recherche d'emploi cesse de se percevoir comme assistée, elle n'a plus à affronter la méfiance du guichet des versements d'allocation. Elle touche une indemnité qui constitue la contrepartie de son activité de formation ou de recherche d'emploi. Mais cette bonne idée avait été imaginée pour des temps meilleurs. La crise économique a commencé à réclamer son lot de chômeurs. Les derniers chiffres estiment à 3 620 000 le nombre total des personnes privées d'emploi, dans notre pays - en incluant celles qui exercent une activité réduite. Aussi, la fusion ANPE-ASSEDIC provoque des conséquences désastreuses. Le nouveau guichet, « Pôle Emploi » est confronté à une hausse spectaculaire des demandes à traiter. Les services sont saturés et les délais d'attente entre l'inscription et le premier rendez-vous exaspèrent. Il était prévu qu'un conseiller de Pôle Emploi suive en moyenne 60 dossiers de demandeurs d'emploi - ce qui est déjà beaucoup. Selon le journal Les Echos, on en est actuellement, en moyenne, à 90 dossiers par agent. Avec des pointes à 121 en Franche-Comté et 111 en Nord-Pas de Calais. En outre, la culture des deux entreprises fusionnées, était très différente et l'esprit de corps « ANPE », d'un côté, « ASSEDIC », de l'autre, freinent le passage au plein régime de la nouvelle structure. Pour couronner le tout, des dissensions internes à la direction ont été rendues publiques. Alain Lecanu, membre du CA, a accusé le directeur général Christian Charpy, de « fonctionner en cercle fermé », de « prendre ses ordres directement auprès du gouvernement ». Et de conclure : « Il nous faut à la tête du service public de l'emploi un vrai patron, qui vienne du privé, car Pôle Emploi n'est pas une administration, comme l'était l'ANPE, mais une entreprise », conclut M. Lecanu. Les chômeurs vont-ils faire les frais d'une greffe qui prend mal ?

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......