LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les chrétiens ont –ils encore quelque chose à nous dire ?

38 min
À retrouver dans l'émission

Olivier Bobineau
Olivier Bobineau Crédits : Radio France
Olivier Bobineau, Isabelle de Gaulmyn, Jean-Claude Monod© Rf *Emission en partenariat avec La Croix à l’occasion de la parution du sondage : « les français et le dialogue entre croyants et non-croyants »* Jusqu’à une période récente, le grand récit de la sécularisation faisait, en Europe, l’objet d’une relative unanimité. Les Eglises chrétiennes, sur la défensive, étaient contraintes de réduire la voilure, de sacrifier des portions toujours croissantes de leur message et de leurs dogmes afin de se survivre encore quelques années, puisque les lois de l’histoire avaient décrété leur fatale extinction. La sécularisation, conçue comme approfondissement de la rupture entre religion, d’un côté, politique, économie et culture, de l’autre mais aussi comme baisse tendancielle de la pratique religieuse, était, pensait-on, un processus inexorable. Depuis une dizaine d’années, ce grand récit est intensément contesté. C’est un récit typiquement occidental, diagnostiquent des penseurs comme l’anthropologue Mondher Kilani, dans la mesure où des paires conceptuelles antagonistes telles que l’opposition sacré/profane, Etat/religion, appartiennent en propre à l’Europe et sont issues de son histoire compliquée avec le catholicisme. Toutes les grands inventions de la philosophie politique européenne sont nées, montre Mark Lilla dans Le Dieu mort-né, d’un nouveau défi lancé par le christianisme. Ce grand récit de la sécularisation, ajoutent les théoriciens des post-colonial studies, relève de l’impérialisme culturel occidental : les Européens se croient encore les « grands frères de l’humanité » et s’imaginent que le leur chemin particulier vers une des formes possibles de la modernité est le seul accessible. Selon une logique évolutionniste, l’humanité tout entière est censée parcourir à son tour une route vers le désenchantement du monde, dont les Européens connaitraient, seuls, le point d’arrivée, puisqu’ils l’occupent. Peter Berger dans The Desecularization of the World: Resurgent Religion and World Politics (1999), a lancé le thème devenu courant de “sociétés post-séculières”. Le premier, il a écrit que, hors de l’Europe, les religions non seulement ne régressaient pas, mais qu’au contraire, les doctrines à base religieuse ne s’étaient jamais aussi bien portées. Y compris aux Etats-Unis. « C’est nous et pas eux qui poursuivons un Sonderweg », commente Jürgen Habermas, qui à son tour s’est lancé dans le débat sur la société « post-séculière ». Les religions ne perdent pas leur influence, au contraire, celle-ci augmente sensiblement à travers le monde. Dans ce contexte intellectuel profondément renouvelé, le dialogue entre croyants et non-croyants est en train de changer de nature. Avons-nous suffisamment d’occasions d’échanger sur les questions du sens de la vie ? Telle est la question que le quotidien La Croix a posée aux Français. Réponse dans une minute.
Intervenants
  • Philosophe, chargé de recherches au CNRS, professeur de philosophie à l’École normale supérieure, chercheur aux Archives Husserl (CNRS), cinéaste
  • rédactrice en chef à La Croix
  • Sociologue des religions et de la laïcité
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......