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Les cinémas d'art et d'essai réussissent-ils trop bien ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Partout 24 images par seconde, mais des films -et des fauteuils- qui ne se ressemblent pas. Certaines salles sont de beaux amphithéâtres confortables mais elles sentent le pop-corn, d'autres affectionnent les formes biscornues mais elles ont encore des guichetiers. Les unes sont insérées dans des multiplexes, - si vastes parfois que cela deviendra bientôt, à n'en pas douter, des « hyper » - les autres ont ce label d'« art et essai » qui donne au public le sentiment d'en être. Ainsi, le cinéma a aussi deux vitesses. Mais jusqu'à ces dernières années, cette inégalité était tolérée, un système de protection bien huilé, rôdé, à défaut d'être simple, avait permis et le maintien d'une production nationale et celui d'un public toujours fidèle aux salles noires. Formidable exception française, faut-il le rappeler. Les choses se sont gâtées progressivement jusqu'à ce moment de crise que nous vivons aujourd'hui. Progressivement, les salles d'art et d'essai se sont modernisées, certaines se sont agrandies, sont devenues des lieux conviviaux, elles ont obtenu des aides de la mairie et ont entrepris pour remplir les caisses, de proposer occasionnellement des blockbusters américains en VO. De l'autre côté, les multiplexes ont découvert que le film d'auteur pouvait être rentable surtout quand l'auteur s'appelle Woody Allen ou les frères Coen. Résultat : là où les rôles de chacun semblaient bien définis, on se marche aujourd'hui sur les pieds. On se bagarre pour obtenir le même film, avec avantage aux grandes enseignes qui ont des arguments que les petites salles, évidemment, non pas. On se bagarre aussi pour le public. Car, c'est la deuxième surprise, le cinéma à deux vitesses n'a pas généré deux sortes de publics tout à fait distincts. Il n'y a pas d'un côté le « populo », ni de l'autre les « snobs », mais des spectateurs curieux qui fréquentent alternativement les deux réseaux. Conscients de cette réalité, de plus en plus de diffuseurs - UCG, Pathé-Gaumont ou MK2- voient d'un mauvais oeil l'installation ou l'agrandissement des salles d'art et d'essai subventionnées qu'ils accusent de concurrence déloyale ou d'abus de position dominante. Un sacré retournement de situation : serait-ce donc que le cinéma d'art et d'essai réussit trop bien ?

Intervenants
  • Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA)
  • professeur à l'université Sorbonne Nouvelle, spécialiste de l'économie du cinéma, auteur notamment de "Economie du cinéma. Perspectives stratégiques" réédition Armand Colin 2020.
  • journaliste indépendant
  • président de Pyramide Films, et coprésident du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens (Dire)
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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