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Les dépassements d'honoraire menacent-ils l'accès aux soins ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Allons-nous vivre dans les années à venir un recul, global et massif, de l'égalité d'accès aux soins ? On peut sincèrement se poser la question à écouter encore cette semaine les déclarations du directeur de la CNAM sur une baisse du remboursement de 100% à 35% des médicaments dits "de confort", pour les maladies de longue durée, comme le cancer ou le diabète. Pour l'instant la proposition a essuyé un tir de barrage des associations et des syndicats du monde médical, mais il indique clairement qu'une des options retenues par le gouvernement pour alléger les déficits est elle du déremboursement. Mais ce n'est pas là le seul motif d'inquiétude des patients : l'évolution des tarifs des médecins en est une autre. Le Collectif Inter-associatif Sur la Santé (CISS), a dénoncé, au début de ce mois, l'inflation galopante des dépassements d'honoraires. Les suppléments facturés par les spécialistes de secteur 2, par exemple, ont bondi de 60% entre 2000 et 2006. Les dépassements atteignent désormais 2 milliards d'euros, et seul un tiers de ce total est pris en charge par les mutuelles. Or, on sait qu'aujourd'hui 14% des assurés ont renoncé à des soins pour des raisons économiques et qu'un quart de ces 14% y renoncent même de façon définitive. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a plusieurs fois affirmé avoir comme "priorité" de maîtriser les hausses subies par les patients, et elle prévoit de rendre obligatoire un devis pour tout acte dépassant les 80 euros. Néanmoins, ces dépassements d'honoraires sont légaux - c'est là toute la difficulté - à condition toutefois que les médecins les fixent (je cite) " avec tact et mesure » selon l'expression consacrée par le code de déontologie. Une définition assez floue pour permettre tous les excès. Ainsi, pour une prothèse de hanche, un patient peut voir le dépassement varier de 7 euros à 950 euros, selon le lieu de l'intervention. Mais faut-il jeter uniquement la pierre aux médecins ? Qu'obtiennent ceux d'entre eux qui résistent à la tentation du dépassement, sinon la raillerie des autres ? N'est-ce pas le système lui-même, le mode de rémunération et le fonctionnement de la solidarité nationale, qu'il faut repenser ?

Intervenants
  • Professeur de littérature anglaise à l'Ecole Normale Supérieure
  • Médecin, président de l'Union national des professions libérales (UNAPL) et président d'honneur de la Confédération des syndicaux médicaux français (CSMF).
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