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Les énergies vertes : une fausse bonne idée ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Que tout le monde soit sorti satisfait du Grenelle de l’environnement, en octobre 2007, était déjà, en soi, assez suspect. Quelle sorte de magicien était donc ce Jean-Louis Borloo pour mettre dans sa poche industriels productivistes et écologistes décroissants ? Aux uns, il promettait 600 000 emplois qualifiés et des marchés en expansion, aux autres, une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre en 2020.

Depuis, les déconvenues ne cessent de s’abattre sur les énergies renouvelables. Et faute d’un débat public assumé, on a le sentiment que le gouvernement tend à enterrer l’affaire à petit bruit.

Les biocarburants , encore encensés l’année précédente, avaient été écartés du Grenelle au dernier moment pour cause de rapport Crutzen. Le Prix Nobel de chimie les avait qualifiés de « catastrophe écologique »… L’Union Européenne n’a-t-elle pas pourtant fixé la part des biocarburants à 10 % de la consommation totale des véhicules de l’UE dans le cadre du « paquet énergie-climat » ?

Puis vint le tour des éoliennes . Une mission parlementaire, en avril, les juge trop chères et trop peu productives. En décembre, c’est le gouvernement qui semble oublier ses appels d’offre. Le Grenelle n’avait-il pas fixé à 25 000 MW l’objectif de l’électricité d’origine éolienne en 2020 ? Oui, mais il vient de réaliser qu’il lui en coûterait 20 milliards d’euros pour une production d’électricité qui, en réalité, ne dépasserait guère les 3 000 mégawatts.

Idem, du côté du solaire . D’abord la douche froide du rapport Charpin : non seulement, cette énergie est la plus coûteuse de toute à produire (200 Euros le Mégawatt, contre 60 pour l’hydroélectricité), mais elle est rachetée bien trop cher, par Edf, aux particuliers, de plus en plus nombreux, qui en équipent leurs toits. Or, l’écart entre le tarif d’achat et le prix du marché est financé par les consommateurs, via une majoration de taxe dite « contribution au service public de l’électricité ». Du coup, les tarifs d’EDF explosent. En outre, le photovoltaïque provoque un déficit commercial de près d’un milliard par an : l’industrie française n’est pas compétitive.

A la veille des fêtes de Noël, nouvelle douche froide : une étude de la Direction du Trésor met en garde contre les illusions en matière d’emplois et de croissance, générées par le Grenelle de l’environnement. A partir de 2020, ça coûterait beaucoup plus cher que ça n’aurait rapporté au cours des 10 années précédentes.

La croissance économique faiblit dans presque toute l’Europe. Partout, le dérapage des finances publiques consécutif à la crise contraint les gouvernements à revoir à la baisse les investissements dans les filières des énergies renouvelables. Chez nous, en France, le moment Borloo semble se refermer. Est-ce une raison suffisante pour continuer à polluer la planète ?

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