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Les Français sont-ils conservateurs ?

40 min
À retrouver dans l'émission

En amont des "Rencontres de Pétrarque". La France vire à droite ? Traumatisée par sa troisième défaite consécutive aux élections présidentielles, la gauche s'interroge. Oh pas sur ses propres erreurs d'analyse et de stratégie, sur le caractère obsolète ou non du logiciel à l'aide duquel elle pense les mutations de la société française. Ces questions, on est parvenu, rue de Solférino, à les repousser aux lendemains des municipales. Non, ce qui f ait débat, à gauche, c'est de savoir si l'on n'aurait pas à faire à un renversement d'idéologie dominante. Une série de tribunes publiées ces dernières semaines par Libération s'interrogeait sur la douloureuse question : la France serait-elle « passée à droite » ? Les idéologies conservatrices, longtemps tenues en suspicion par une grande majorité de la population, seraient insensiblement devenues, d'après certains signataires découragés, sinon hégémoniques, du moins majoritaires. Et ce qui oppose les signataires, c'est la question de la stratégie à adopter face à cette mutation : l'accompagner tout en essayant de la tempérer, ou s'y opposer frontalement. Mais cette « hégémonie conservatrice » supposée correspond-elle à la réalité ? Une chose est sure en tous cas : la campagne présidentielle s'est largement jouée sur la question des valeurs, ce qui est une nouveauté. Et il faut bien relever que celles qui ont fait mouche ne relevaient pas du registre de l'innovation, de l'émancipation, encore moins de la transgression, mais bien du champ de l'ordre, de la sécurité, de l'effort : discipline plutôt que liberté, principe de précaution plutôt que goût du risque, mérite personnel plutôt que droits collectifs, nation plutôt qu'Europe ou ouverture. Une version alternative au « glissement à droite » du corps électoral prétend que c'est le paysage politique qui est en complet bouleversement. L'ouverture voulue par Sarkozy aurait provoqué un véritable séisme - à droite comme à gauche, car la grogne du groupe parlementaire UMP, si elle est plus discrète, vaut bien les procès en apostasie des « traîtres » organisés au PS contre les Kouchner, Hirsch, Amara, Besson, Bockel et bientôt Jack Lang. Les repères rassurants qui balisaient notre cartographie idéologique sont par terre et nos boussoles s'affolent. Les clivages réellement significatifs passent, désormais, au sein de chaque famille politique, comme on l'avait déjà vu lors du référendum sur le Traité constitutionnel. Sur les grandes questions chaudes du moment : laïcité, promotion des minorités, temps de travail et contrat de travail, dette publique, réforme de l'Etat, politique industrielle, etc. le débat a cessé d'opposer un camp de la droite et un autre de la gauche. Toutes ces questions seront débattues aux rencontre de Pétrarque que FC organise à Montpellier la semaine prochaine, animées par Emmanuel Laurentin et Nicolas Weill, dont vous retrouverez le programme sur notre site.

Intervenants
  • Historien, membre du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et ancien président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
  • historien des idées et essayiste français.
  • professeur de philosophie à l’université de Lorraine
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