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Les maires abandonnés par l'Etat ?

40 min
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Donner aux maires un rôle pivot dans la politique de sécurité est une vieille idée de la droite française. Déjà, en janvier 2001, l'opposition d'alors au Sénat (RPR-UDF-DL) avait élaboré une série de propositions visant à créer des « conseils de sécurité municipaux » qui auraient été présidés par les maires. Ces idées ont été mises en application dans diverses lois adoptées durant la législature 2002-2007, sous l'autorité du ministre de l'intérieur d'alors - Nicolas Sarkozy. La plus récente d'entre elles, la Loi sur la prévention de la délinquance du 5 mars dernier revient sur cette idée pour faire du maire le « pivot » de cette politique. Cette politique a sa logique : les élus locaux sont réputés plus conscients des réalités locales et plus à même de régler les problèmes en mobilisant les services de police, les services sociaux, ainsi que les associations que, souvent, ils subventionnent. En outre, ils ont un intérêt évident à rétablir la tranquillité de leurs quartiers afin d'assurer leur réélection. Mais cette politique a aussi ses limites. Car les édiles qui, dans un premier temps, avaient apprécié ce renforcement de leur autorité, se sont inquiétés de se voir transformer en « pères fouettards » (dixit Jacques Pélissard, député-maire UMP de Lons-Le-Saunier) ou jouer, malgré eux, « un rôle de shérif », selon Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois. Rôle auquel rien ne les prépare et qu'ils n'auraient, en tout état de cause, pas les moyens d'exercer. Nos maires ne tiennent pas à servir de boucs-émissaires aux dysfonctionnements de la police et de la justice. En outre, ils ont eu récemment quelques raisons de redouter que l'Etat ne se décharge sur eux et sur leurs maigres polices municipales des tâches de maintien de l'ordre qui lui incombent. Ainsi, Dominique Lefebvre, le maire de Bondy, a dénoncé dans une tribune incendiaire publiée dans Le Monde du 28 juin, « le jeu de défausse, volontaire ou pas, des services de l'Etat vers les élus locaux et les collectivités ». Il pointait en particulier l'étrange absence de toute force de police lors du Festival « 100 Contest », qui a été violemment perturbé par l'affrontement de « deux bandes de délinquants rivales », « lourdement armées ». Alors que la ministre de l'Intérieur bichonne sa Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (dite Lopsi), il nous a paru intéressant d'entendre les points de vue de deux maires et d'un expert.

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