LE DIRECT

Les puces (RFID) vont-elles nous domestiquer ?

40 min
À retrouver dans l'émission

L'invasion des puces communicantes est-elle programmée ? Cela ressemble à une mini-étiquette : elle se compose d'une puce et d'une antenne, et fonctionne grâce à la radio-fréquence. Chaque étiquette est unique, ce qui permet de distinguer l'objet ou la personne qui la porte. Mais surtout, ce qui la différencie d'une technologie voisine comme le code-barre, c'est que cette étiquette est lisible à distance, jusqu'à quelques mètres, mais aussi lisible à travers une épaisseur, celle d'un emballage comme celle d'une peau. Le passe de métro parisien Navigo, de nombreuses clefs de voiture, fonctionnent déjà à l'aide de cette technologie. Les applications de la RFID sont nombreuses : le suivi industriel en chaîne de montage, les inventaires, la saisie automatique d'une liste de produits achetés ou sortis du stock. Plus proche de notre vie quotidienne, des universités américaines utilisent des cartes RFID qui permettent aux étudiants d'accéder à la bibliothèque vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Sans que les étudiants aient eu à passer devant les bornes d'enregistrement, les services de gestion savent exactement à chaque instant dans les mains de quel utilisateur se trouve quel livre. Bientôt avec le même système, nous n'aurons plus à faire la queue aux caisses des magasins, la liste des produits sera débitée directement sur notre compte. Mais toutes ces puces inversement permettront l'identification à distance de notre environnement privé, comme ces livres que nous avons empruntés, comme ces produits que nous avons achetés, au plus grand profit du marketing et autres stratèges commerciaux. Ceux qui utilisent régulièrement les services de la Toile savent que nous sommes espionnés quand nous surfons par ces petits cookies qui enregistrent les sites sur lesquels nous sommes passés ; demain, avec la généralisation des puces RFID, ce sont tous nos achats et nos déplacements qui pourront être transmis à l'ordinateur dont nous serons devenus un objet d'étude. Des sortes de « small brothers » comme l'écrit notre collègue Michel Alberganti dans un essai sorti chez Actes Sud, des « small brothers » qui nous traceront avec ou sans notre accord, puisque rien aujourd'hui n'oblige les fabricants à nous révéler si leur produit contient ou non une étiquette RFID. Bref, la perspective d'une société de surveillance généralisée est un cauchemar qui peut devenir réalité très vite et surtout de manière extrêmement insidieuse. Saurons-nous nous défendre ? Comment résisterons-nous aux facilités immenses que la RFID apportera dans notre vie de tous les jours ?

Intervenants
  • Journaliste scientifique Producteur de l'émission "Science Publique (France Culture)
  • directeur de la protection des droits et des sanctions de la CNIL
  • chercheuse au CNRS, responsable de l'équipe "Normativités et nouvelles technologies" du Centre d'Etudes pour la Coopération Juridique Internationale (CECOJI) et responsable du Bureau Nanosciences et Société du Centre de compétences en nanosciences
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......