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Les services publics au service du public ? Du pouvoir ? Ou de leurs propres agents ?

38 min
À retrouver dans l'émission

Sur le sort réservé dans notre pays aux fonctionnaires, deux thèses s’affrontent et il est légitime de laisser s’exprimer librement chacune d’entre elles. Tentons de les résumer pour planter le décor.

Pour les uns, nos fonctionnaires sont les victimes d’une offensive gouvernementale, qui menace tous les avantages acquis par les luttes syndicales depuis l’ordonnance de 1945. La loi sur la mobilité d’août 2009 prévoit le licenciement en cas de refus de six propositions de reclassement : l’emploi à vie, contre-partie des sujétions particulières auxquelles sont soumis les serviteurs de l’Etat, est-il menacé ? La gestion des ressources publiques par nos dirigeants depuis 35 ans a été désastreuse : est-ce une raison pour déclencher contre les agents de l’Etat une RGPP qui, faute d’avoir commencé par redéfinir le périmètre des fonctions de l’Etat, rabote dans tous les bureaux de manière indistincte ? Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite était censé dégager un demi-millard d’économies par an. La Cour des comptes a montré que les 53 000 suppressions de postes intervenues à ce titre en 2008 et 2009 n’en avaient dégagé que 70 millions. L’Etat est loin d’être l’employeur modèle qu’on prétend : les 875 000 agents précaires de la fonction publique sont soumis à un droit du travail au rabais l’Etat s’autorise avec ses propres agents des comportements que ses tribunaux puniraient s’ils étaient le fait d’une entreprise privée. En outre, l’égalité d’accès aux services publics est menacée par cette politique d’austérité. Cf. les fermetures d’hôpitaux, de bureaux de postes qui accélèrent la désertification de territoires entiers.

Pour les autres, les fonctionnaires sont les enfants gâtés de la crise dans un pays où les emplois se font rares et précaires, ils disposent de l’emploi à vie et, contrairement à leurs collègues étrangers, ils ne paient pas cet avantage en termes de revenus, puisque leur salaire moyen est légèrement supérieur à celui du privé et que leurs retraites sont nettement plus généreuses. Leurs conditions de travail sont moins pénibles que celles des salariés du privé, mais ils sont plus souvent en grève. Ajoutons que les fonctionnaires dans notre pays sont trop nombreux et que leurs traitements plombent le budget de l’Etat. Et enfin que les libertés formidables dont disposent les haut gradés de la fonction publique leur permettent de faire carrière en politique – ce qui explique le pourcentage exorbitant des énarques dans les directions des partis de gouvernement, du coup acquise aux intérêts des fonctionnaires.

Qui croire ? Ce soir, dans Le Grain à Moudre, les représentants de deux think tanks qui ont travaillé sur la question et qui ne pensent pas dans le même sens. Aux auditeurs de se faire ensuite leur idée. Vos réactions nous intéressent et notre site est à votre disposition.

Intervenants
  • Sociologue et coordinateur général de la Fondation Copernic
  • Essayiste, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP)
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