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L'intégration à la française : échec ou réussite ?

38 min
À retrouver dans l'émission

Emission avec :

Malika Sorel , essayiste, Membre du Haut Conseil à l'intégration, auteur de Immigration, intégration : le langage de vérité (2011. Mille et une nuits)

Joël Roman, philosophe, essayiste et directeur de la collection "Pluriel".

D’après Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, les deux tiers des enfants en échec scolaire seraient issus de l’immigration. Une déclaration qui a été jugée « fantaisiste » par les uns, « ignoble et « haineuse » par d’autres. L’intéressé s’avoue « étonné » de ces jugements et dit se baser sur les données fournies par l’INSEE et l’OCDE. Nous tâcherons de voir ce qu’il en est au cours de cette émission.

Il y a, en tous cas, une réalité qui est indéniable, c’est que la proportion de chômeurs parmi les populations issues de l’immigration est supérieure à la moyenne nationale. Mais une fois établi ce constat, qu’en tirer ? Que l’échec scolaire et l’inaptitude à l’emploi sont plus fréquents chez les descendants d’immigrés ? Ou que les employeurs pratiquent une discrimination discrète au détriment de certains patronymes, de certaines origines ?

Une majorité de l’opinion estime aujourd’hui que l’intégration fonctionne mal en France : 66 % des sondés par l’Institut Harris, fin avril, contre 28 % qui sont d’un avis contraire. Etonnant lorsqu’on sait que, dans nombre de pays d’Europe ayant opté pour le modèle multiculturaliste et communautariste (Pays-Bas et Grande-Bretagne en particulier), la France, républicaine et laïque, est citée en exemple pour son indifférence en théorie aux origines ethniques et autres confessions religieuses… Mais puisque l’opinion doute à présent de la réussite de ce modèle, la question qui divise est celle des causes de cet échec. Faut-il incriminer notre modèle républicain, trop peu respectueux des différences culturelles, qui révèlerait ses limites intégratrices ? Ou plutôt mettre en cause, comme le fait Malika Sorel-Sutter, le laxisme d’élites politiques et médiatiques apeurées, qui pratiqueraient un racisme sournois en abaissant constamment le niveau d’exigence aussitôt qu’il s’agit de personnes issues de l’immigration ? Qui maquilleraient l’identité d’un auteur de délit pour ne pas « stigmatiser une communauté » ? Tant de nos compatriotes, descendants de mineurs polonais, de maçons italiens et d’OS maghrébins, doivent leurs spectaculaires promotions actuelles à la traditionnelle capacité française à intégrer et à promouvoir par l’école. Si la machine à intégrer et à promouvoir s’est enrayée, à qui la faute ? A la société d’accueil ? Ou au refus des règles et des valeurs communes par les nouveaux venus ?

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