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Météo perturbée, rentrée prématurée

40 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette émission de rentrée, nous avons choisi d'ouvrir avec la politique, la politique intérieure. Rarement en effet, les Français qu'on disait très remontés contre leurs dirigeants il y a peu, auront autant manifesté un pareil appétit de politique. A croire qu'après n'en avoir plus rien attendu, ils en attendent tout : du plein emploi à la solution définitive de problèmes aussi divers que la pédophilie et les chiens dangereux... On se souvient des taux de participation record de la présidentielle, il faudrait mentionner également les chiffres de vente des quotidiens et des newsmagazines, l'effervescence sur internet, qui n'est pas non plus retombée. Il faut dire que le président récemment élu fait preuve d'un activisme nouveau. Les commentateurs se demandent s'il est soutenable pendant cinq ans. Après le paquet fiscal et l'exonération des heures sup, censés rendre du pouvoir d'achat, on aura eu le service minimum dans les transports, la loi sur l'autonomie des universités et la libération des infirmières bulgares. Au programme d'une rentrée menée au pas de course, on nous annonce un round de négociations sur le contrat de travail qui s'ouvrira le 7 septembre, une nouvelle loi sur l'immigration présentée devant le Parlement courant septembre, une conférence sur le pouvoir d'achat le 23 octobre, après quoi le gouvernement s'attaquera au fiasco national qu'est la formation permanente... Entre-temps a été lancée une révision de notre doctrine de défense, tandis que le Kouchner cherche un moyen pour la France, de reprendre pied en Irak... Pas de doute : c'est Nicolas Sarkozy qui fixe l'agenda ; c'est lui qui impose son tempo à une opposition, bousculée par sa boulimie réformatrice. Mais le soufflet ne va-t-il pas retomber ? L'état de grâce est terminé, diagnostiquent les commentateurs, alors même que les sondages restent extrêmement favorables pour Nicolas Sarkozy. On commence en tous cas à mesurer les limites de l'exercice. Chacun sait que, dans le monde globalisé qui est le nôtre, les marges de manoeuvre du décideur politique, à l'échelon national, se sont singulièrement réduites. La croissance, entre autres, ne se décrète pas. Et les mauvais chiffres du deuxième trimestre ont fait l'effet d'une douche froide : le gouvernement parviendra-t-il à boucler le budget de l'Etat avec des rentrées moindres qu'escomptées ? L'opposition, avec François Hollande, a commencé à poser cette question. Mais ce week-end, le PS exposait cruellement ses dissensions internes : tandis que Ségolène Royal retrouvait ses fans à Melle, Arnaud Montebourg, son ancien aide de camp, rassemblait les quadras Manuel Valls, Aurélie Flippetti, Gaëtan Gorce en son fief bressois dans une opération « trans-courants ». De leur côté, Michel Rocard, Jacques Chérèque et Walter Veltroni allaient apporter leur soutien aux « Gracques », ce groupe de hauts fonctionnaires de gauche qui prônent le renversement des alliances.

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