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"Ni putes ni soumises", mais toujours de gauche ?

40 min
À retrouver dans l'émission

C'est aujourd'hui que la Cour des Comptes doit rendre son rapport sur la gestion de plusieurs associations financées par des fonds publics - dont le mouvement Ni Putes Ni Soumises. Voilà pour « l'actu ». Mais ce que NPNS a fait de ses impressionnantes subventions annuelles n'est pas l'objet de cette émission. Non, si NPNS - comme on dit - se retrouve au coeur de l'actualité, c'est parce que sa présidente et incarnation médiatique, Fadéla Amara, a décidé d'entrer au gouvernement de Nicolas Sarkozy, au titre de l'ouverture, afin de s'y occuper de la politique de la ville en tant que Secrétaire d'Etat. Et dans le cas de Fadéla Amara, l'ouverture est double : non seulement l'ex-présidente de NPNS vient de la gauche, mais elle est issue de l'immigration. Elle n'est passée ni par l'ENA, ni par la MNEF, mais fait partie de ces militants qui ont participé à la « marche des potes » de 1983 et qui, depuis ont fait leur chemin grâce au PS. Comment NPNS, une association, qui est née dans l'orbite de SOS Racisme, au sein d'une mouvance dont la mission était d'aider le Parti Socialiste à reconquérir l'électorat populaire et à en renouveler les cadres à partir des jeunes élites issues de l'immigration, vit-elle le recrutement de sa présidente par le nouveau pouvoir ? On en a eu une idée lors du Comité national du mouvement féministe des banlieues qui a eu lieu les 23 et 24 juin dernier et dont le moins qu'on puisse dire est qu'il a été animé. Force est de reconnaître que les polarités de droite et de gauche ne suffisent plus à baliser notre carte des idéologies. Au sein des deux grandes familles politiques, d'autres critères, au moins aussi pertinents, permettent des recompositions que le nouveau Président de la république a su percevoir avant d'autres et qu'il a mises au service de sa stratégie de recomposition du champ politique. Ainsi de la question de la promotion des minorités : l'universalisme méritocratique républicain suffira-t-il ou faut-il en passer par une dose de discrimination positive ? Ainsi de l'idée qu'on peut se faire de l'identité nationale : multiculturaliste ou assimilationniste. Ainsi de l'attitude à adopter à l'égard de l'islam politique : tenter d'en utiliser la force en fermant les yeux sur ses aspects dérangeants ? Ou miser sur la revendication d'émancipation de ceux qui subissent le plus douloureusement le poids des interdits dont il est porteur ? Le cas de Ni Putes Ni Soumises est passionnant parce que l'évolution du mouvement féministe des banlieues constitue un formidable révélateur de ces nouveaux clivages et de la position de chacun par rapport à eux.

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