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Notre ADN nous appartient-il ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Au secours, l'ADN est partout : des tests pour le regroupement familial proposés aux immigrés à la vérification de paternité, des fichiers de délinquants sexuels, de leur élargissement à bien d'autres formes de délit, au spectre de l'usage prédictif par les assurances des profils génétiques, nous sommes submergés de nouvelles parfois contradictoires sur la valeur, le maniement et la circulation, des informations contenues dans notre précieux génome. On peut même dire que l'ADN devient un objet politique. En témoigne la parution aujourd'hui même en kiosque d'un hors-série de Charlie Hebdo consacré au sujet sous le titre L'ADN expliqué à Sarkozy. On y trouve des nouvelles fraiches de ce jeune faucheur d'OGM qui a refusé de se soumettre à un prélèvement. Il avait été condamné en 2005 pour un arrachage commis en 2001 à l'époque où ce délit n'était pas susceptible de conduire à un fichage génétique. La gendarmerie l'a pourtant convoqué en 2006. Son refus lui a valu une condamnation en première instance et il attend la décision de la Cour de cassation. On ne plaisante plus avec ces empreintes, fussent-elles génétiques. Rappelons que depuis la loi de sécurité intérieure du 18 mars 2003, pas moins de 137 infractions peuvent entraîner le prélèvement obligatoire de l'ADN, dont les vols simples, les dégradations, les tags, l'arrachage de cultures OGM, mais surtout la loi prévoit désormais de ficher les personnes non condamnées mais simplement suspectées « à l'encontre desquelles il existe des indices graves et concordants ». C'est ainsi que le professeur convoqué à la gendarmerie pour avoir mis une claque à son élève s'est vu demander de cracher sur un coton-tige et que deux galopins de huit et onze ans qui ont dérobé quelques jouets dans un hypermarché ont été invités à faire de même ( avant tout de même que le procureur ne classe l'affaire, ouf ). Dans ces conditions, l'idée que notre ADN serait une sorte de journal intime, que l'on ne peut consulter sans notre consentement, en prend un coup, bien sûr. Vous et moi, pouvons demain, sur appréciation des fonctionnaires de police, nous retrouver dans le fichier national. Mais après tout, direz-vous, cela fait longtemps que la police prélève nos empreintes digitales sans nous émouvoir outre mesure. L'information génétique diffère-t-elle à ce point d'autres types d'information personnelle ? Une chose est certaine : notre ADN intéresse les assureurs et même les employeurs. Ne serait-il pas mauvais pour l'entreprise de promouvoir un salarié dont on s'aperçoit qu'il possède un gène qui a de très fortes probabilités de déclencher un cancer ? Bref, ADN : terrain sensible. Et luttes pour la propriété à l'horizon.

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