LE DIRECT

Ouvrir des salles ou former des publics ?

40 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la Fête de la musique Découvrant en 1982, à l'occasion d'une étude sur les pratiques culturelles des Français, que 5 millions de personnes, dont 1 jeune sur 2, jouaient d'un instrument de musique, Maurice Fleuret, qui était alors le Directeur de la Musique et de la Danse, se prit à rêver de faire descendre les gens dans la rue. Le rêve devient réalité avec le soutien de Jack Lang, Ministre de la Culture, et en quelques semaines, la Fête de la Musique est lancée, le 21 juin 1982. Mais évident pour nombre d'entre nous, pas besoin d'attendre les 21 juin pour se faire plaisir : la musique est même le loisir culturel favori des Français. 74% d'entre eux estiment qu'elle est « indispensable » à leur vie, bien avant la littérature et le cinéma. Pourtant l'Etat français qui s'est fendu d'une politique culturelle forte pour le cinéma, à travers les subventions et les mécanismes de soutien des télévisions, une politique même offensive pour le livre, concrétisée dans la loi du prix unique, n'a manifesté que peu d'intérêt ou d'empressement à réguler ce secteur culturel-là. On remarquera, de même, que si les années Lang ont été caricaturées comme celles de l'entrée dans les institutions des tags ou des cultures urbaines, en réalité sur le plan musical, les créations actuelles reçoivent toujours très peu de soutien de la part du ministère. « En caricaturant à peine, il serait possible de résumer la situation de la musique en France en avançant que la musique classique occupe 5% du marché et reçoit 95% des subventions, et que les musiques actuelles occupent 95% du marché et reçoivent 5% des subventions » écrivent Anita Weber et Michel Berthod dans un rapport daté du printemps dernier. Les choses sont bien faites, pourrait-on soutenir : le secteur le plus aidé est celui qui peine le plus sur le marché, c'est tout à fait justifiable. Inversement est-il légitime que les contribuables soutiennent avec leurs impôts une musique que, dans leur grande majorité, ils n'écoutent pas ? Même question pour l'apprentissage : l'enseignement du classique est prédominant dans les conservatoires et relègue le jazz et les autres formes d'expression à la portion congrue. Comment justifier aujourd'hui cette hégémonie ? Est-elle en phase avec l'évolution de notre rapport à la musique ? Répond-elle surtout aux objectifs de démocratisation que la politique culturelle française se fixe comme horizon ? A moins que la musique soit condamnée à rester une exception...et être toujours tenue à l'écart de ces débats. Serait-elle le dernier rempart du légitimisme culturel, c'est une piste à suivre...

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......