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Pas gay la banlieue !

40 min
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« Désolé mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons pas jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu'un match de foot. » C'est par ce message lapidaire et sans appel que le Créteil Bébel vient de refuser de rencontrer le Paris Foot Gay. La Commission Football Loisirs vient d'être saisie de cette affaire, dont presse d'aujourd'hui se fait l'écho. Il y a un décalage croissant, dans ce pays, entre la tolérance nouvelle dont font preuve les centres bourgeois des grandes villes envers le milieu homosexuel et le mépris, le rejet, la violence qui demeurent le sort de ceux et celles qui essaient d'assumer une sexualité différente en banlieue. Tandis que, dans les arrondissements de l'élite, la Gay Pride, en voie d'institutionnalisation, est désormais célébrée par l'ensemble de la société, les gays se font tabasser dans les cités. Y règne, en effet, un certain type d'idéal viril qui suppose l'exhibition de la force physique, l'appartenance à un groupe mâle et prédateur, voué par nature au contrôle et à la domination de ce qui leur paraît inférieur parce que passif : les femmes ; les gays, par définition, sont considérés, dans ce contexte, comme une menace pour l'ordre viril. Aussi, les homosexuels de banlieue subissent-ils une discrimination redoublée, une « double peine », comme le disent, dans leur langage, certains des témoins interrogés par Franck Chaumont : relégués dans des quartiers excentrés, dont la mauvaise réputation entrave leurs aspirations légitimes à la promotion sociale ou simplement à l'emploi, ils vivent en outre un enfer en raison de leurs inclinations sexuelles.

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