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Peut-on parler de culture à la télévision?

39 min
À retrouver dans l'émission

Ce matin dans une interview et de la communication Frédéric Mitterrand déclarait envisager la télévision comme un droit légitime pour tous. Un droit ? Mais pour quelle télévision ?

La loi de 1964 créant l'ORTF a défini, pour la première fois, le rôle de la télévision en termes d'offre de programmes : « satisfaire les besoins d'information, de culture, d'éducation et de distraction du public » .

Souvent résumé en Informer, cultiver, distraire.

C’est surtout à la dernière mission que les programmes télévisés semblent aujourd’hui se consacrer et parmi les émissions dont la mission est d’informer et de cultiver, la dimension de distraction est rarement oubliée, pour cause d’audience évidemment.

Aujourd’hui l’offre télévisuelle s’étoffe : ce matin même l’Ile de France est passée, après 13 autres régions, au tout numérique, soit 21 chaines visibles par tous. L’ensemble du pays bénéficiera de la TNT gratuite avant la fin de l’année. Cette multiplication des chaines devrait aboutir à une recomposition du paysage audiovisuel et à des transformations dans l’offre de programmes. La culture peut-elle en attendre quoi que ce soit ? Rien n’est moins sûr.

Certes les professionnels de la télévision et certains observateurs ont une vision très extensive de la culture et incluent dans la catégorie culturelle des programmes d’informations, les films… ou encore des émissions qui comprennent des interviews de vedettes du cinéma en promotion ou des chroniques littéraires qui dure 2 ou 3 minutes, du « fast thinking » pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu. Vite vu, vite oublié.

Cette conception élargie ne prospère-t-elle pas au détriment de la « culture culturelle » accusée d’être élitiste voire « segmentante » pour reprendre un terme cher aux professionnels des médias ? et ce malgré les propos très volontaristes formulé par Nicolas Sarkozy dans une lettre à sa ministre de la culture à Christine Albanel en 2007 et qui ont aboutit à l’obligation pour les chaines de service public à diffuser un programme culturel par jour ?

Quid donc de la place des créateurs, des artistes, écrivains, plasticiens, danseurs, metteurs en scènes ? De leurs œuvres mais aussi de leur parole ? Et qu’en est-il de la place de la critique, du dialogue autours des œuvres ?

Peut-on encore aujourd’hui, en matière de culture, attendre quelque chose de la télévision ? peut on attendre de la télévision qu’elle nous cultive ou qu’elle cultive en nous le désir de se cultiver ?

Intervenants
  • Chercheuse en sciences de l'information et de la communication Sémiologue des médias Membre du GRIPIC (laboratoire de recherche du CELSA)
  • Producteur des « mots de minuit » sur France2
  • professeur à l'université Sorbonne Nouvelle Paris III, où il enseigne l’analyse de la télévision et la sémiologie audiovisuelle

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