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Pour coopérer faut –il avoir confiance ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Emission enregistrée à 14h30 depuis la cour Soulage du rectorat de Montpellier et diffusée le soir même

Notre branche de l’humanité, homo sapiens, a plus de 200 000 ans, mais ce n’est que tout récemment – 10 000 ans environ – que certains de nos ancêtres ont imaginé s’établir dans des villages, afin d’y cultiver les terres environnantes, y élever du bétail, plutôt que de errer de territoires de chasse en lieux de cueillette. Depuis lors, les activités sociales n’ont cessé de se diversifier. Notre Durkheim prétendait que les communautés villageoises, sociétés traditionnelles, pratiquaient ce qu’il appelait une « solidarité mécanique » les activités étaient peu diversifiées, les fonctions sociales souvent héréditaires, les normes fortement intériorisées. Depuis l’apparition de la société industrielle, démontrait Durkheim, les fonctions sociales se sont spécialisées d’une manière toujours plus fine et plus complexe. La coopération entre individus émancipés de leurs solidarités de clans ou de castes, est devenue une « solidarité mécanique ». C’est la loi et le contrat qui régulent désormais nos innombrables interactions.

C’est de là que part Paul Seabright, avec son ouvrage encyclopédique et fascinant, « La société des inconnus ». Qu’est-ce qui fait que nous acceptons d’échanger des biens et des services avec de parfaits inconnus, des gens qui n’appartiennent ni à notre famille ni à nos intimes ? Que nous ne reverrons peut-être jamais plus ? Qu’est-ce qui justifie la confiance que nous leur faisons, la confiance qu’ils nous font, alors que notre intérêt spontané semble nous pousser à ne pas respecter notre part du contrat, que notre instinct nous incite à suspecter l’autre partie de ne pas vouloir respecter la sienne ?

Pourquoi confions-nous notre argent à des banques, qui vont le prêter, plutôt que de le cacher sous nos matelas ? A quels prix acceptons-nous de payer les biens qui nous paraissent désirables ? Comment ceux-ci se fixent-ils ? Comment expliquer que cette énorme machinerie sans pilote, qu’est l’économie mondiale, continue à produire toujours plus de richesses, alors même que chacun d’entre nous n’a qu’une vue extraordinairement réduite de son fonctionnement d’ensemble ? Et – question d’une toute récente actualité - que se passe-t-il lorsque la confiance mutuelle, qui sert d’énergie à cet immense moteur, vient soudain à s’évaporer ?

Nous sommes heureux, pour cette dernière du « Grain à Moudre », de contribuer à faire connaître un de ces esprits encyclopédiques que produit l’Université d’Oxford. La vocation de cette émission a toujours été de vous faire partager nos découvertes, nos étonnements, toutes les pensées fortes qui contribuent à ébranler nos certitudes acquises. Ma devise tient en cette observation de V.S. Naipaul : « répéter ce que tout le monde croit savoir ne présente aucune espèce d’intérêt. »

Intervenants
  • Professeur de géographie des médias, Géopolitique de l'information, Francophonie. à l’Université Panthéon Assas à Paris
  • Professeur d’économie à l’université de Toulouse. Spécialiste en économie des organisations et en politique de la concurrence
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