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Qu'avons-nous à apprendre de l'Allemagne ?

40 min
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Les vrais sujets sont-ils dans la campagne ? Les réformes allemandes sont-elles en train de réussir ? Tout ce qui se passe en Allemagne est pour nous autres, de l'Hexagone, absolument capital. L'Allemagne est notre premier partenaire commercial. L'économie allemande, qui représente près du tiers du PIB de la zone euro, en est le moteur. L'Allemagne assume, depuis le 1° janvier et pour 6 mois, la mission délicate de relancer une Union européenne qui doute d'elle-même. Et surtout, l'Allemagne fait face à des problèmes de fond qui sont aussi les nôtres : une démographie préoccupante, un marché du travail trop peu dynamique - cause d'un chômage ahurissant, un modèle social daté et inadapté et financé à crédit (la dette publique atteint 68 % du PIB en Allemagne) ; enfin, une élite politique qui s'est longtemps distinguée par sa pusillanimité et l'évitement des problèmes. Or l'Allemagne a commencé à bouger. Le cycle des grandes réformes a réellement débuté en 2003 avec l'Agenda 2010 de Schröder. Il s'est poursuivi sous la férule d'une chancelière Angela Merkel qui a cependant dû mettre de l'eau dans son schnaps pour cause de Grande Coalition. Quelles leçons pouvons-nous tirer de leurs premiers résultats ? Au prix d'une sérieuse compression des salaires et d'une vague de délocalisation de la production en Europe centrale, en particulier, le pays est redevenu champion du monde de l'exportation, devançant les Etats-Unis et la Chine. Les investissements étrangers y affluent, l'Allemagne bénéficiant du « retour de la vieille économie » : sidérurgie et chimie et surtout le secteur des machines-outils, dont l'Asie, qui s'équipe, est grande consommatrice. Dans le même temps, l'Allemagne investit énormément dans la recherche-développement du côté des secteurs d'avenir : énergie, biotechnologies, l'information et communication. L'Allemagne consacre 2,5 % de son PIB à la recherche : autant que les Etats-Unis. La région du Bade-Wurtemberg a été couronnée comme première en Europe pour la recherche et le développement. Du coup, la croissance, longtemps désastreuse, (1,3 % de moyenne entre 1995 et 2005) s'est réveillée, atteignant enfin 2% l'an dernier. Est-ce pour autant le réveil du géant allemand, longtemps entravé par sa réunification ? Il demeure en effet des points noirs : autant la croissance française est assise sur la consommation intérieure, autant celle-ci demeure faible en Allemagne. Et beaucoup d'observateurs se demandent si le brutal relèvement de la TVA, qui passe de 16 à 19 % en ce début d'année ne va pas casser les jambes au géant.

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