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Quel avenir pour les chrétiens d'Orient ?

40 min
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Mgr. Paulos Faraj Rahho, archevêque chaldéen de Mossoul, enlevé le 29 février, a été retrouvé mort deux semaines plus tard. Ses ravisseurs avaient réclamé deux millions 500 000 dollars pour le prix de sa vie. Mais l'Eglise chaldéenne d'Irak, l'une des plus anciennes de la chrétienté, bien antérieure à l'arrivée de l'islam en Mésopotamie, est trop pauvre. Et surtout, elle est persécutée. Avant lui, dans cette même ville de Mossoul, devenue une des bases de repli d'Al-Qaeda en Irak, Paulos Amer Iskandar, un prêtre orthodoxe, père de quatre enfants, avait été égorgé pour avoir, selon ses ravisseurs, « refusé de se convertir à l'islam ». Ceux-ci ont précisé avoir mis son corps dans un récipient, « afin que son sang ne souille pas la terre de l'islam ». Sur les 800 000 chrétiens que comptait l'Irak avant la guerre, la moitié ont du fuir leur domicile, pour sauver leur vie. Des attentats visent leurs églises ; leur foi les désigne pour cible privilégiée aux gangs de racketteurs ; ils sont victimes d'intimidations, de menaces, d'enlèvements, de meurtres. Beaucoup se sont réfugiés en Syrie, au Liban, en Turquie ou en Jordanie. En Irak même, certains ont pu se replier dans les régions sous contrôle kurde où ils sont en sécurité. Mais « il existe une stratégie délibérée de faire partir ces vieux citoyens irakiens », estime le président de l'Institut kurde de Paris, Kendal Nezan. « Nous allons en accueillir 500 dans les semaines qui viennent », a promis le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner. Il est tentant de demander aux dirigeants politiques occidentaux d'assouplir leurs politiques d'asile en faveur de ces familles persécutées pour leur religion. Mais n'est-ce pas faire le jeu des épurateurs religieux qui proclament : « le Coran ou la mort ! » ? Accorder l'asile sur une base confessionnelle n'est-ce pas conforter ceux qui, sur place, proclament que les chrétiens d'Orient sont la « 5° colonne de l'Occident » ? Or, il faut le savoir, dans l'ensemble du monde arabo-musulman, la situation des minorités chrétiennes se dégrade. Les coptes égyptiens ont été victimes de persécutions qui ont parfois tourné au pogrom. L'Algérie a adopté une loi sur les cultes non musulmans, qui punit d'une peine de cinq ans de prison et d'une amende de 10 000 euros toute tentative de « convertir un musulman à une autre religion ». Elle a servi à l'expulsion d'une vingtaine d'étudiants africains venus participer à une rencontre biblique à Tizi-Ouzou. Le père Pierre Wallez, du diocèse d'Oran, a été condamné fin janvier à un an de prison pour avoir prié avec des migrants camerounais. Il s'agit, affirment les spécialistes de la politique intérieure algérienne, de stigmatiser la Kabylie, désignée à la vindicte nationale comme « maillon faible de l'évangélisation ». « La passivité de l'Occident devant la persécution des chrétiens d'Orient restera come l'une de ses plus grandes lâchetés », écrivait Jacques Julliard, la semaine dernière dans Le Nouvel Observateur. Comment cesser d'être lâches ?

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