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Quel capitalisme d'après crise ?

40 min
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La rencontre entre Obama et Sarkozy aura été l'occasion de coucher par écrit les engagements pris par les Etats-Unis et l'Union Européenne, au sortir de la crise. Le communiqué final commun met les points sur les i : c'est « la financiarisation du capitalisme », y lit-on, qui a provoqué la catastrophe. Certaines « innovations des banques », poursuit le communiqué, ont engendré « un phénomène général de déresponsabilisation des acteurs », qui ne « saurait être plus longtemps toléré ». Ainsi, la titrisation, qui permettait aux institutions financières de se débarrasser de leurs créances les plus douteuses sont dorénavant interdites. Autre annonce : le démantèlement des paradis fiscaux où riches particuliers, sociétés multinationales, sera poursuivi et même accéléré. Déjà, la Chine et les Etats-Unis sont parvenus, on s'en souvient, à un premier accord en ce domaine, avec l'abandon simultané de la législation, si particulière, des Etats du Delaware et du Nevada, par Washington, en échange de la fin de l'exception financière dont bénéficiait Hong Kong. Cette fois, c'est l'Union Européenne qui s'est engagée à fermer les banques de Jersey et celles du Liechtenstein, en l'échange de la promesse du président Obama, d'obtenir « au besoin par la force » la fin des paradis fiscaux des Bahamas et autres Caïman. Deux porte-avions de l'Air Force patrouillent déjà au large des Bahamas, fait-on observer à Washington. On le sait, la démondialisation, envisagée par Gordon Brown l'an dernier, est en cours. Le commerce mondial s'est effondré, du fait d'une montée des mesures protectionnistes autour des grands blocs commerciaux du monde. Chez nous, en Europe, cela s'est traduit par une baisse sensible de la consommation. Robert Rochefort, du CREDOC, observe un « frugalisme » nouveau, une forte tendance à consommer local que symbolise le mouvement des « potagers de balcons ». Que ce soit sous la forme d'une loi de Salaire maximum, comme en Allemagne et aux Pays-Bas, ou d'une nouvelle tranche d'impôts à 90 % sur les hauts revenus, comme au Danemark, et même à 96 %, comme en Suède, les revenus sont désormais plafonnés. Chez nous, en France, la loi portant nationalisation des banques et institutions de crédit sera votée début mai. Y ont été inclus des éléments de contrôle des changes : cet été, les Français ne pourront quitter le territoire national avec, en poche, plus de 200 Euros par personne. Bref, ce n'est peut-être pas la fin du capitalisme, proclamée par de nombreux experts l'an dernier, ni même sa « refondation », réclamée par Nicolas Sarkozy, mais une chose est sure : rien ne sera plus comme avant... Poisson d'avril !

Intervenants
  • économiste, directeur du cabinet d’analyses Asteres, directeur d’études au sein du MBA Law & Management de l’université Panthéon-Assas (Paris II)
  • Professeur émérite à l'Université Paris -Dauphine
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