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Quelle place pour l’émancipation des femmes dans les révolutions arabes ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Est-ce que c’est bon pour les femmes ? Cette question ne cesse de revenir dans le débat public depuis la victoire des oppositions en Tunisie, puis en Egypte. Comme le rappelle Hélé Béji dans son livre Islam Pride, Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne avait promulgué le 13 août 1956 un Code du statut personnel qui faisait le pari de l’émancipation féminine. Quelques années plus tard, sous l’influence de sa nouvelle épouse, Wassila Ben Amar, la Tunisie devient le plus pays arabe le plus en avance en matière d’égalité entre les sexes. Non seulement la polygamie est interdite et les femmes ont obtenu le droit de vote, mais l’avortement est légalisé et le port du voile est interdit dans les administrations et les écoles. Ben Ali a poursuivi dans cette voie. En 2004, une femme, Faïza Kéfi, était nommée première présidente de la Cour des Comptes, symbole d’un accès aux responsabilités des femmes sans équivalent dans le monde arabe. Le Parlement tunisien actuel compte 27 % de femmes, davantage que le Parlement français.

Certes, ces promotions, comme toutes les autres sous la dictature de Ben Ali, dépendaient du bon vouloir du Prince. Mais que faut-il redouter le plus ? Le despotisme éclairé, avec son arbitraire, ou la revanche des archaïsmes religieux, longtemps réprimés ? « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un vaste chantier d’endoctrinement sur l’infériorité des femmes », écrit Wassyla Tamzali. Les imams les plus rétrogrades, les chaînes de télévision du Golfe, le ressentiment populaire envers cet « Occident mécréant » qui a trop longtemps misé sur les dictateurs par peur de l’islamisme, pourraient conjuguer leurs effets et aboutir au rétablissement de la charia en Egypte. Dans ce pays, la situation des femmes s’est détériorée ces vingt dernières années. Ces femmes, qui participent massivement aux manifestations, ne vont-elles pas se faire voler la part de victoire qui leur revient ?

Intervenants
  • Ecrivain et essayiste, fondatrice et présidente depuis 1998 de la société littéraire « le Collège international de Tunis ».
  • Sociologue Chercheure au Arab Reform Initiative
  • Enseignante Membre du Collectif national pour le Droit des femmes Signataire de la pétition pour ne pas exclure les femmes de la révolution tunisienne

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