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Quelles réformes institutionnelles pour enraciner les révolutions arabes ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Hamadi Redissi et Ali Maher ©Radio France

Au Maroc, le roi Mohamed VI a nommé une commission chargée de proposer au corps électoral, dés juin prochain, une réforme de la Constitution renforçant les pouvoirs du gouvernement et du Parlement, gravant dans le marbre les principes de séparation des pouvoirs et de d’indépendance de la justice. Un premier pas vers une authentique monarchie constitutionnelle ? Nous verrons bien.

En Tunisie, la Commission pour la réforme politique et la transition démocratique planche à la fois sur un « assainissement du système électoral » et sur un projet de Constitution pour la Tunisie. Comme l’explique son président, l’éminent juriste Yahd Ben Achour dans Philosophie Magazine, « pour instaurer la démocratie, nous allons devoir démanteler tous les textes juridiques existant », dans la mesure où le régime de Ben Ali « avait réussi à détruire l’Etat de droit en se servant de la loi ». Il y a du pain sur la planche.

En Egypte, une logique inverse l’a emporté, lors du référendum du 19 mars, qui a vu la victoire des partisans d’une refonte limitée de l’ancienne Constitution, désireux d’organiser des élections dans les 6 mois, comme s’y est engagée l’armée. L’opposition réclamait qu’on prenne son temps, afin que puissent se former de nouveaux partis. Elle n’a pas eu gain de cause.

Quoiqu’il en soit, l’aspiration des peuples arabes à la démocratie est une donnée nouvelle et incontestable, qui est appelée à transformer profondément le monde méditerranéen qui est aussi le nôtre.

Or, la démocratie avait déjà été expérimentée dans le monde arabe. Mais les échecs répétés qu’ont subi la plupart de ces tentatives ont rendu les populations méfiantes. La Constitution égyptienne de 1923, comme celle de 1930, avait tenté d’instaurer une monarchie parlementaire. Dans l’après-guerre, des tentatives démocratiques ont eu lieu en Syrie, au Liban, en Irak, en Jordanie et même en Libye. Mais, dans la plupart des cas, elles ont avorté lors de coups d’Etat militaires. Ceux-ci ont débouché, comme on sait sur des régimes plébiscitaires à partis uniques pseudo-révolutionnaires, avortant enfin de dictatures dynastiques, comme on le voit en Syrie, comme on a failli le voir en Libye.

C’est bien pourquoi, la réussite ou l’échec de cette vague sans précédent de révolutions démocratiques dépendra dans une large mesure de l’existence de procédures acceptées et respectées par tous les acteurs politiques.

Il y a du grain à moudre pour les juristes et autres spécialistes ès institutions politiques. On en parle avec nos invités.

Hamadi Redissi et Ali Maher
Hamadi Redissi et Ali Maher Crédits : Radio France
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