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Quelles stratégies de sortie de crise ?

40 min
À retrouver dans l'émission

La crise est-elle finie, ou bien ne fait-elle, au contraire, que commencer ? Si nous avons jusqu'ici échappé aux affres connues lors des années 30, c'est que nos gouvernants, désormais vaccinés contre les erreurs de cette époque maudite, ont décidé de mettre leurs économies sous perfusion. Depuis la fin de 2008, en effet, les banques centrales prêtent aux banques à taux zéro ou presque, pour réanimer les circuits de financement de l'économie, tout en leur rachetant leurs actifs toxiques. En outre, dans des pays comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ces banques centrales ont été obligées de se mettre à racheter de la dette publique. Cas-limite : au Royaume-Uni, l'an dernier, la quasi-totalité du déficit public, l'an dernier, a été pris à sa charge, non par les marchés financiers, mais par la Banque d'Angleterre elle-même... En effet, les Etats, pour soutenir l'emploi, à travers une demande interne qui risquait de s'effondrer, ont pratiqué des politiques de relance très ambitieuses - avec de l'argent qu'ils n'avaient pas. Du coup, leurs déficits et leurs dettes se sont envolés. Hors de contrôle ? C'est la question posée. Car la crédibilité de certains d'entre eux commence à être sérieusement mise en doute par les marchés financiers. Hier, l'Islande, aujourd'hui, la Grèce sont au bord de la faillite. Demain, l'Espagne ? Le Royaume-Uni ? Les Etats-Unis eux-mêmes sont désormais sous surveillance. Sait-on qu'il coûte désormais plus cher de s'assurer contre la faillite de l'Etat américain que contre celle de McDonald's ? Bref, la situation actuelle ne saurait se prolonger indéfiniment. Au cours de l'année en cours, il va falloir, un peu partout, diminuer les doses, puis débrancher les perfs'. Au risque d'achever certains des malades, pas encore remis ? En outre, les Etats vont se retrouver coincés entre des marchés financiers, qui vont exiger des taux d'intérêt de plus en plus élevés au fur et à mesure de la montée de la méfiance, et des opinions publiques auxquelles il va falloir faire accepter hausses d'impôts et fortes réductions des dépenses publiques. On le voit, avec la « sortie de crise », s'ouvre une autre crise.

Intervenants
  • économiste et membre du think tank européen Bruegel
  • Professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris
  • Député européen centriste du groupe ADLE
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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