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Qu'est ce qu'une juste indemnisation ?

40 min
À retrouver dans l'émission

« Je ne saurais laisser un tel affront impuni. Je vous en demande réparation ». Tel était le privilège des aristocrates lorsqu'ils estimaient leur honneur gravement compromis par l'un des leurs : la provocation en duel. Le sang versé était réputé réparer l'offense et restaurer l'honneur du nom qu'on portait. Aujourd'hui, au sommet de notre hiérarchie morale, la victime occupe la place autrefois dévolue au héros. La sympathie publique va à celui qui peut démontrer la réalité d'une souffrance, d'un préjudice, d'une « victimisation » comme on dit sous l'influence du franglais. Et le champ judiciaire a remplacé le champ clos du duel pour y obtenir réparation. Mais comment réparer un dommage corporel ou moral ? A quel prix estimer un préjudice qui a mis en jeu votre propre vie - comme dans l'affaire de l'amiante ou du sang contaminé ? Dans certaines sociétés traditionnelles, selon le Kanun albanais, par exemple, le versement d'une certaine somme d'argent, négociée entre deux clans, sous l'autorité d'un médiateur, peut mettre fin à une vendetta. C'est « le prix du sang ». L'argent, équivalent universel, aurait donc la capacité de réparer tous les préjudices - jusques et y compris la mort ? Mais à combien estimer le déshonneur et l'emprisonnement injustifié des innocents du procès d'Outreau ? Et pourquoi leur préjudice à eux est estimé tellement moindre que celui subi par Bernard Tapie ? La France qui aime les systèmes universels rêve d'un barème national des indemnisations des victimes. Le rapport Lambert-Faivre plaide en ce sens en ce qui concerne l'indemnisation des dommages corporels. Et ses auteurs n'ont pas tort d'estimer que les disparités entre tribunaux sont difficilement acceptables. Pourquoi un nez cassé à Perpignan serait « moins cher » qu'à Arras ? D'autres se méfient de toute systématisation dans ce domaine et entendent préserver la liberté d'évaluation de la justice.

Intervenants
  • Philosophe, juriste. Professeur au CNAM
  • Philosophe et psychanalyste, professeure au Conservatoire National des Arts et Métiers, professeure associée à l'Ecole des Mines de Paris et directrice de la chaire de philosophie à l'hôpital Ste-Anne
  • Magistrat, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature, ancien président de l'Union syndicale des magistrats (USM)
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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