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Qui profite du travail des clandestins ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Notre économie peut-elle se passer des clandestins ? Il est maintenant ordinaire que l'immigration s'invite dans les thèmes privilégiés des campagnes électorales. C'est à la suite de l'arrestation à Paris d'un homme en situation irrégulière devant une école maternelle, où il venait chercher sa petite-fille, que la question de ceux qu'on appelle les « clandestins », ou encore les « sans-papiers », a resurgi. Changeons aujourd'hui un peu d'angle pour essayer de palper la réalité de ces flux migratoires qui sont souvent réduits à une suite de statistiques vaguement menaçante et dans laquelle finalement les ressorts et la logique profonde apparaissent peu. Quelle que soit les raisons du départ, et elles peuvent être très diverses, l'une des questions centrales dans le pays d'arrivé -ou simplement de passage- est d'obtenir des ressources pour subvenir à ses besoins propres, rembourser les éventuels passeurs, puis très souvent envoyer des subsides à une famille restée au pays. Cela ne se fait pas sans complicité. C'est tout un réseau d'intérêts croisés qui permet aux migrants illégaux de travailler « au noir », dans des conditions souvent extrêmement pénibles et en tout cas bien éloignées des exigences du droit du travail. On connaît bien sûr les secteurs qui exploitent cette main d'oeuvre flexible à souhait (le bâtiment, la confection, le milieu agricole, la restauration,...) mais il est très difficile d'estimer le volume que représente leur travail dans notre économie. Aux Etats-Unis, le 1er mai dernier, les travailleurs immigrés latinos, réguliers ou non, - on estime les clandestins à 12 millions- ont fait une démonstration de force en cessant le travail 24 heures ; cette « journée sans immigrés », qui combinait outre les grèves, les boycotts et les manifestations, avait beaucoup impressionné. Elle pourrait bien se reproduire dans quelques jours, à l'occasion de la nouvelle fête du travail, pour tenter de bloquer comme l'an dernier la réforme du système d'immigration projetée par G. W Bush, dont l'essentiel consiste à durcir les conditions de régularisation. En France, on est loin d'imaginer une telle mobilisation d'abord parce que les immigrés sont d'origines multiples, les réseaux de solidarité entre réguliers et clandestins trop faibles, mais on serait curieux de compter le nombre de chantiers stoppés ou de constater la soudaine apathie des quartiers de confection. Comment savoir, sinon, dans quelle mesure les migrants illégaux participent à la vie économique de ce pays ? Comment lutter contre ce travail clandestin qui est parfois proche du travail forcé ? En s'en prenant à l'immigration illégale ou en s'attaquant pour de bon aux réseaux mafieux ?

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