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A qui profite la colonisation des sols?

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La victoire a beau être importante pour de nombreuses ONG, elle sera passée à peu prés inaperçue chez nous : le 11 mai dernier, le comité de sécurité alimentaire de la FAO (l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture), adoptait des « directives pour une gouvernance responsable des régimes fonciers ».

Clara JAMART et Faliry BOLY
Clara JAMART et Faliry BOLY Crédits : M Lucchesi - Radio France

Présenté de cette façon, il est vrai que le sujet peut paraître abscons. Dit de façon un peu plus claire, cela pourrait donner ceci : le comité de la FAO demande aux Etats de mieux encadrer l’achat de terres agricoles dans le monde. Objectif : protéger les producteurs locaux d’une nouvelle forme de prédateurs : des investisseurs, souvent étrangers, qui se ruent sur les terres de pays, souvent pauvres, pour assurer leur propre sécurité alimentaire. Ce phénomène a un nom : l’accaparement des terres. S’il n’est pas nouveau, il a connu une forte aggravation à partir de 2008, au moment de la crise des prix alimentaires. Un certain nombre de pays (la Chine est le 1er de ceux-là), réalisant leur dépendance agricole, font alors le choix d’investir, massivement, en dehors de leurs frontières. L’année suivante, en 2009, ce sont plus de 200 millions d’hectares qui auraient fait l’objet de transactions, en Afrique pour la plupart mais aussi en Asie du Sud-Est. C’est ce que l’on peut constater, à l’œil nu désormais, grâce au travail cartographique réalisé par un groupe de chercheurs, regroupés sous le nom d’opération LandMatrix. Depuis, le phénomène semble s’être un peu tassé. Mais pas au point de disparaître, loin de là.

D’où la nécessité de le réguler.

A qui profite la colonisation des sols ?

Et le contrepoint de Julie Gacon.

Philippe Collin
Philippe Collin Crédits : J Gacon - Radio France

En France, où l'approche du droit foncier et de la propriété des terres n'a rien à voir avec celle des pays du sud, il n'est pas question de "colonisation des sols", mais de raréfaction des surfaces agricoles. Tous les dix ans, sous l'effet d'une urbanisation croissante, c'est l'équivalent en surface d'un département qui est soustrait de l'usage agricole. Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, y voit une raison de parler, là aussi, d'accaparement des terres.

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Philippe Collin

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ina.fr Crédits : Radio France

Intervenants
  • riziculteur à l'Office du Niger, secrétaire général de la fédération des coopératives du Sexagon (Syndicat des exploitants agricoles de l’Office du Niger)
  • Chercheur au CIRAD, Département "Environnements et Sociétés"
  • Responsable de plaidoyer sur les questions agricoles Oxfam France
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