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Qui veut détruire le Liban ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Avant-hier, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a voté une Résolution d'une portée immense pour l'avenir du Liban. Cette Résolution 1757 institue un Tribunal international pour juger les assassins de l'ancien Premier Ministre, Rafic Hariri. Rafic Hariri, ami personnel de l'ancien président Chirac, a été, on s'en souvient, pulvérisé par une explosion gigantesque le 14 février 2005. Le texte ne mentionne nulle part la Syrie, mais tout le monde a bien compris qui était visé. Aussi, la décision du Conseil de Sécurité partage le Liban en deux : les partisans du Mouvement du 14 Mars, majoritaires au Parlement et dont les partis forment le gouvernement de Fouad Siniora, pavoisent. Parce que ce vote est un avertissement à la Syrie. Chacun sait bien que la main de Damas - en tous cas de certains des services syriens - était derrière cette série d'attentats qui ont tué, outre le sunnite Rafic Hariri et le chrétien Pierre Gemayel, une vingtaine de personnalités de premier plan, toutes connues pour leur opposition à la mainmise syrienne sur le Liban. De ce côté, on est soulagé de savoir que les commanditaires de ces crimes d'intimidation vont peut-être être enfin révélés. Et on ose aussi espérer ne plus risquer sa vie à se déclarer pour l'indépendance et la souveraineté libanaise. Mais n'oublions pas que le Liban demeure coupé en deux. Du côté des démissionnaires du gouvernement, du Hezbollah, allié à la Syrie et financé par l'Iran, on aura tout fait pour empêcher la constitution d'un tribunal libanais sur les auteurs des attentats. A présent, de ce côté de l'échiquier, on met en cause une « ingérence internationale », on accuse la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. On soupçonne la majorité gouvernementale de chercher à se servir du procès pour se débarrasser de personnalités politiques qui se sont, hier ou aujourd'hui, peu ou prou compromises avec la Syrie. C'est que rien n'a jamais été simple au Pays du Cèdre, où les communautés religieuses coexistent dans un équilibre instable et où la mémoire de la guerre civile pèse de tout son poids de morts et de désastres. Rien n'est simple surtout depuis que le général Aoun, celui qu'on surnommait « le de Gaulle libanais », parce qu'il a incarné l'union nationale et la résistance à l'occupation syrienne, a noué une alliance compliquée avec le Hezbollah.

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