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Réactions européennes à la crise : des « cavaliers seuls » au « cadre unique »

40 min
À retrouver dans l'émission

Pendant de pénibles semaines, l'Europe a vécu dans l'attente anxieuse des réactions américaines. La crise étant partie des banques d'investissement de Wall Street, c'était du Trésor américain que devait venir la solution. Mais il est vite devenu évident que le Plan Paulson, consistant essentiellement à permettre aux banques de se défausser des actifs « pourris » aux dépends des contribuables, ne convainquait ni le Congrès, ni les bourses. Les Européens se sont alors retrouvés face à un risque de faillites bancaires en chaîne sur le Vieux Continent. Et dans un premier temps, chaque Etat a réagi de manière tout individuelle, cherchant à éteindre l'incendie chez soi, sans se préoccuper d'attiser le feu chez ses voisins. Le cas-limite de l'égoïsme national a été, comme d'habitude, offert par l'Irlande, qui a garanti sans limites les dépôts effectués dans les 6 banques de l'île, au mépris des intérêts de ses concurrents et amis d'Europe. Mais l'Allemagne elle-même, dans un premier temps, n'a pas non plus joué un jeu très communautaire, sauvant un jour, l'une de ses banques sans prévenir personne, annonçant, à son tour, une garantie illimitée des dépôts. Au Sommet européen du samedi 4 octobre à Paris, la chancelière allemande écartait l'idée sarkozyste d'un fonds commun de sauvetage des banques européennes. Angela Merkel disait se méfier des solutions globales, générales, à la française, soulignant que chaque banque constituait un cas particulier qui méritait d'être traité au niveau national. La France, au contraire, plaidait dés le début pour une action coordonnée. Mais elle en cherchait les termes précis. Il semble qu'elle les ait trouvés, paradoxalement, dans le Plan britannique. Gordon Brown a, en effet, imaginé un système qui a rallié les Européens dimanche dernier à Paris. En s'attaquant en même temps à la question de la liquidité et à celle de la solvabilité, en soumettant la garantie de l'Etat britannique à un certain nombre de règles éthiques et de bonne gouvernance des établissements financiers, il semble convaincre à la fois les partisans des idées générales et les cultures nationales davantage tournées vers le particularisme. Les historiens écriront-ils dans cinquante ans, qu'en octobre 2008, c'est l'Union Européenne qui a sauvé le monde d'une faillite bancaire générale ?

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