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Renoncer aux 35 heures ?

37 min
À retrouver dans l'émission

Petite innovation de rentrée, au Grain à Moudre, nous vous proposerons, chaque mercredi d’éclairer un problème d’actualité en confrontant des experts travaillant au sein de think tanks. Les think tanks, ce sont ces agences intellectuelles, collectifs de fournisseurs d’analyses et d’idées, qui jouent déjà un rôle décisif dans les pays où ils sont installés depuis longtemps. Nous faisons le pari qu’à l’approche des élections présidentielles, ceux qui commencent à émerger en France pourront renouveler le paysage intellectuel. Ne serait-ce que parce que l’imagination y est moins bridée et la parole plus libre que dans les partis politiques ?

Les 35 heures ! le moins que l’on puisse dire c’est que c’est une question qui fait débat depuis la première loi dite « d’orientation et d’incitation » en 1997 - les 35 h sont même une machine à produire du débat – une question qui « électrise », encore et toujours, la vie politique française

Débat, donc, entre la gauche et la droite bien sûr… et sujet qui semblait jusqu’à peu un marqueur idéologique assez clair.

Pour la Gauche : cette réduction du temps de travail votée sous le gouvernement Jospin est un acquis social – une mesure qui a dynamisé l’économie et créée des emplois.Pourla Droite, à n’en pas douter, il s’agit d’une dévalorisation de la « valeur travail » – une désorganisation de l’économie ainsi qu’un handicap pour la compétitivité des entreprises de notre pays… Jean-François Copé qui veut « mettre l’UMP au travail sur la question » allant jusqu’à déclarer que : "les 35 heures, c'est un problème pour tout le monde"

Et puis aujourd’hui c’est à l’intérieur même des deux « grands » partis qu’il y a rupture sur la question :

A ma gauche : Manuel Valls ! qui a remis le sujet sur le tapis, réussissant au passage à faire parler de lui comme jamais, en déclarant qu’il fallait « déverrouiller les 35h »

A ma droite Xavier Bertrand pour qui il n’y a plus lieu d’y revenir car depuis les lois de juillet 2008, les entreprises peuvent augmenter et organiser le temps de travail comme elles l’entendent

Et puis du coté des économistes bien sûr la question est très disputée qu’il s’agisse du coût des 35 heures, de leur intérêt économique, et bien sûr de leurs conséquences pour l’emploi, un point sur lequel on aura entendu tout et son contraire

Alors si de fait on peut légitimement se demander si les 35 heures existent encore vraiment, tant des lois successives en ont assoupli les contours, et tant les entreprises ont eu latitude de les organiser à leur façon (compte épargne temps – RTT – forfaits jours, heures supplémentaires) - on peut aussi s’interroger sur l’intérêt d’y RENONCER aujourd’hui…

et sur le coût politique d’une mesure d’abrogation qui pourrait passer pour une régression sociale ---

que signifierait donc la fin des 35h et à quoi renoncerait-on en les abrogeant ?

Intervenants
  • Essayiste, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP)
  • Président fondateur du Think tank Terra Nova
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