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Retour aujourd'hui sur l'arrestation de Cesare Battisti

40 min
À retrouver dans l'émission

La parole de la France vaut-elle au Brésil ? Billet : Le parquet de Milan a entrepris, dès lundi, de lancer la procédure de demande d'extradition de Cesare Battisti, arrêté dimanche à Rio de Janeiro. L'ancien activiste italien d'extrême gauche doit purger dans son pays une peine de prison à perpétuité à laquelle il a été condamné par contumace en 1993 pour sa participation directe ou indirecte à quatre homicides commis en 1978 et 1979. Bien qu'ayant toujours nié les faits dont il est accusé, Cesare Battisti revendique son appartenance dans ces années-là aux Prolétaires armés pour le communisme, les PAC, un groupuscule qui se voulait le porte-parole des sous-prolétaires, quand les Brigades Rouges entendaient être l'avant-garde de la révolution ouvrière. D'abord arrêté en 1979, et condamné en 1981 à 12 ans de prison, il s'évade, fuit au Mexique, puis s'installe en 1990 en France où le Président de la République François Mitterrand a promis l'asile aux militants italiens reconvertis. Pendant ce temps-là, un deuxième procès Battisti, avec des chefs d'accusation beaucoup plus lourds, se déroule en Italie. Le verdict cette fois : la prison à perpétuité. C'est 11 ans plus tard, en 2004, alors qu'il s'est réinventé en auteur de polars, vivant au centre de Paris, que Cesare Battisti est rattrapé par son passé : la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris valide la demande d'extradition de la justice italienne, mettant fin, de fait, à la « jurisprudence Mitterrand ». Battisti commence alors sa cavale, celle qui vient de se terminer dimanche dernier à Rio. Les autorités italiennes espèrent maintenant une décision rapide de la justice brésilienne, en vertu d'un traité d'extradition existant entre les deux pays. En France, l'arrestation provoque des remous : de nombreux intellectuels et artistes qui s'étaient portés au secours de l'écrivain en 2004 s'indignent, tandis que les Verts, comme l'UDF réclament la possibilité d'un nouveau procès, en Italie et en présence de l'accusé. La gauche italienne, dans une large majorité, juge de son côté que le fugitif ne mérite pas cette indulgence. Retour sur un dossier difficile.

Intervenants
  • écrivain, diplomate, ancien résistant (1917-2013)
  • écrivain
  • professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.
  • journaliste au « Figaro », auteur de « Conservateurs, soyez fiers ! », ed. Plon ; « Génération Battisti : ils ne voulaient pas savoir », ed. Plon, et maître de conférence à Sciences Po Paris.
L'équipe
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