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Salariés du public, salariés du privé : avantages, inconvénients

40 min
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A l'heure où la sécurité de l'emploi apparaît presque comme un luxe, le statut des fonctionnaires, titulaires, dans notre pays, d'un emploi à vie, fait bien des envieux. Alors que, dans le secteur exposé à la mondialisation, on exige des salariés, disponibilité, mobilité, remise en cause permanente, notre fonction publique, avec sa hiérarchie, pesante et complexe, ses corps, ses grands corps, ses statuts, ses privilège conquis de haute lutte et jalousement défendus, semble relever de la société d'Ancien régime, avec ses rangs, ses états et ses corporations. Pour autant, le public n'est pas homogène et le sort de tous les fonctionnaires est loin d'être enviable. En bas de l'échelle des rémunérations de la fonction publique, une main d'oeuvre corvéable de contractuels supporte assez mal d'être traitée de privilégiée.... En outre, les techniques managériales du privé ont commencé à être importées dans de nombreuses administrations ; et leur modernité, leur productivité toutes neuves ont été obtenues au prix d'un niveau d'engagement bien peu reconnu ni récompensé de la part de leurs personnels. La crise, prétend Dominique Reynié, va relancer le débat sur la rivalité entre secteurs public et privé. Notre Etat était déjà très endetté avant la crise. Le plan de relance va faire s'envoler une dette publique dont le paiement des seuls intérêts - hors tout remboursement du capital - constitue déjà le deuxième poste budgétaire de l'Etat, après le ministère de l'Education nationale, à 51 milliards d'euros. Est-ce soutenable pour un Etat qui a embauché sans compter à l'époque où la croissance était au rendez-vous ? Est-ce compatible avec la nécessité de venir en aide à tous ceux que le marché du travail s'apprête à rejeter ? A l'époque des grandes grèves de 1995 contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, une nette majorité des salariés du privé affirmait soutenir les grévistes. « Grève par procuration », disait-on, pour ces salariés, dont le taux de syndicalisation et l'exercice même du droit de grève sont autrement plus périlleux qu'il ne l'est dans le secteur public. En est-il encore de même aujourd'hui, face aux mouvements de protestation syndicaux, tels que ceux du 29 janvier et du 19 mars ?

Intervenants
  • Sociologue, codirecteur de l'Institut Veblen
  • Professeur des Universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol)
  • Sociologue, directrice de recherches émérite au CNRS
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