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Suicide en prison : qui est responsable ?

40 min
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Un détenu de 52 ans s'est pendu la nuit dernière à la Maison d'arrêt de Loos, près de Lille. Cela porte à 91 le nombre de suicides dans les prisons françaises depuis le début de l'année. Le plus inquiétant, comme toujours, est moins dans les chiffres que dans la tendance. Après le pic de 2005, où 122 détenus s'étaient donné la mort dans les prisons françaises, on avait enregistré une baisse de ces suicides en prison (96 l'an dernier), baisse qu'on avait attribuée à la mise en place du Dispositif de prévention des suicides, à partir de 2004. Tout porte à redouter qu'on atteindra la centaine de suicides cette année. En outre, la France vient d'être condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour « n'avoir pas protégé le droit à la vie d'un détenu psychotique » qui s'était pendu alors qu'il était en cellule d'isolement dans la prison de Bois-d'Arcy, en juillet 2000. Selon les syndicats des personnels de l'administration pénitentiaire, ce qui est en cause, c'est la surpopulation carcérale. Et c'est vrai, qu'avec 62 843 détenus et une densité carcérale d'environ 125 %, la France se situe parmi les plus mauvais élèves de l'UE. En outre, cette surpopulation se concentre dans les maisons d'arrêt, dont les taux d'occupation peuvent dépasser 200 %, selon la Cour des Comptes, qui cite les cas de Lyon et d'Orléans. Quoi d'étonnant à ce que soit là que se suicident tant de jeunes en attente de jugement ? Du côté de la Chancellerie, on lance des plans de constructions de prison - où en est le plan Perben de 2002, qui prévoyait la création de 13 200 places nouvelles ? Rachida Dati a annoncé, cet été, des aménagements de peine susceptibles de dégarnir nos prisons. Quels effets à ce jour ? Enfin, on incrimine souvent la nouvelle loi sur la rétention de sûreté, qui menace de détention à perpétuité les détenus soupçonnés de dangerosité à l'issue de leur peine. La Chancellerie et ses personnels devraient, en tous ca, méditer le sondage que vient de publier l'Ifop, selon lequel la Justice se classe au 6° rang de l'indice de confiance des Français, derrière les hôpitaux, l'école, l'armée, la police et la fonction publique.

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