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Trop de dépenses pour l'Education?

40 min
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Le mouvement lycéen survivra-t-il aux vacances qui commencent aujourd'hui même dans la zone de Paris, Créteil, Versailles ? Depuis plusieurs semaines, des dizaines d'établissements ont les portes fermées, en grève, pour protester contre les suppressions de postes d'enseignants qui devraient devenir effectives à la rentrée prochaine. 11 200 suppressions de postes exactement selon le ministère, où l'on persiste à dire que ces décisions n'affecteront pas la qualité de l'enseignement ni la lourdeur des classes : on promet une rentrée avec la même moyenne de 28 élèves par classe dans les lycées généraux et 19 dans les lycées professionnels. Pour parvenir à ce miracle, le ministère a optimisé la gestion du personnel : par exemple, les options rares ont été supprimées dans de nombreux établissements et regroupées dans un seul ; de même, les professeurs remplaçants ont été affectés à des classes. Avec ces ruses administratives, les élèves ne devraient en rien souffrir de ces modifications. La conviction inverse est pourtant partagée par les syndicats lycéens et enseignants. Certains lycées en zone sensible, inquiets des répercussions de la carte scolaire, avaient obtenu du Ministre l'assurance que leurs effectifs d'enseignants ne bougeraient pas, même en cas de baisse du nombre d'élèves. Ce sont pourtant les lycées de banlieues toutes catégories confondues qui font les frais de la réforme. Et l'on comprend pourquoi : les classes de centre ville ont déjà atteint les 35 élèves par classe, impossible, dans ces conditions, de tailler dans l'équipe enseignante. Est-ce à dire que l'impératif de réduction de la dépense publique aboutira à accentuer encore davantage les inégalités face au système éducatif ? Le Ministre Xavier Darcos promet une réforme du lycée, mais ses contours sont encore trop flous pour que l'on puisse en juger. Reste que, par les temps de rigueur qui s'annonce, le monde éducatif devra faire face à des attaques sur le montant des dépenses publiques qu'il absorbe. Alors, certes, on ne manquera pas de rappeler au gouvernement que le pays ne peut s'engager dans l'économie de la connaissance sans investir massivement dans l'éducation, mais à l'heure actuelle, la France dépense plus pour ses lycéens que pour ses étudiants : pourquoi pas ? mais n'est-ce pas un choix discutable ?

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