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Veut-on encore faire réussir tous les élèves?

40 min
À retrouver dans l'émission

Le constat paraît terrible. 40% des élèves sortent du CM2 avec de graves lacunes en français et en mathématiques. 4 élèves sur 10 c'est un pourcentage un peu abstrait (comme ça), derrière lequel se cachent 300 000 enfants chaque année. Plus grave encore ces élèves n'ont pratiquement aucune chance de quitter le système scolaire, en maîtrisant vraiment les savoirs fondamentaux. Car ceux qui échouent dès le primaire, n'arrivent pas à rattraper leur retard. Telle est la conclusion alarmante du Haut Conseil à l'Education. Qui a rendu son rapport avant-hier. Les 9 sages se sont penchés sur le primaire et la maternelle, essentiellement grâce à des études déjà connues - et tirent la sonnette d'alarme. Face à ces Cassandres, que peut-on faire ? Faut-il - comme en manqueront pas de le marteler ... ceux qu'on qualifie de conservateurs - faut-il ... réhabiliter le « par coeur » à l'école ? Imposer - comme l'a fait le Ministre Gilles de Robien (janv 2006)- la méthode syllabique, autrement dit un retour au « b.a.-ba » ... pour garantir aux enfants du CP qu'ils sauront lire dès Noël. Doit-on obliger les enfants à se lever quand l'enseignant entre dans sa classe ? C'était proposition du candidat Sarkozy soucieux de rétablir l'autorité des maîtres, baffouée par l'idéologie de mai 68. Faut-il ... systématiquement ... faire ... des dictées de mots, tous les jours ? A l'heure où plus de 12 millions d'élèves prennent le chemin des préaux, toutes ces questions sont loin d'être tranchées. Elles donnent même lieu à d'âpres débats, portés depuis quelques années par ceux qu'on a nommés les «républicains», «les hussards noirs» bref, les «champions de l'anti-pédagogisme». Ceux qui s'élèvent contre une école, acceuillant toujours plus d'élèves, mais tout juste capable - pour reprendre le mot de Jean-Paul Brighelli (l'un de leurs chefs de file) de « fabriquer des crétins ». Cette institution aurait abandonné toute ambition d'instruire ses élèves, elle ne serait plus qu'une machine a reproduire des inégalités sociales. La faute à qui ? accusent ceux qui se voient comme des résistants. La faute aux « pédagogistes » justement : A ces experts, comme Philippe Meirieu (par exemple) ... qui est l'un de nos invités aujourd'hui - à ces penseurs de la transmission des savoirs, qui auraient oublié à quel point le contenu des enseignements est aussi essentiel. A force de faire confiance aux élèves - capables (pensent les pédagogistes) deconstruire eux-même leurs savoirs - à force de miser sur un enseignement ludique, et sans contraintes ... on aurait oublié d'enseigner aux enfants le goût de l'effort, de l'inutile et des belles lettres. Voilà posé en quelques phrases le décor d'une vraie polémique : Quand 150 000 élèves quittent aujourd'hui l'école sans diplôme, quand 10% seulement des fils d'ouvriers se retrouvent à l'université ... il y a urgence à se demander : comment faire réussir tous les élèves ?

Intervenants
  • Journaliste et essayiste.
  • professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’Université Paris IV-Sorbonne, spécialiste du siècle des Lumières
  • spécialiste de la pédagogie et professeur émérite à l’université Lumière Lyon 2.
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