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Y a-t-il des limites à la concurrence?

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Les relations entre ministres français et grands groupes industriels illustrent un paradoxe dans notre rapport à la concurrence sur l’air de « je t’aime moi non plus » : Oui à la concurrence quand elle permet de faire baisser les prix, mais Non quand elle se traduit par des pertes d’emplois.

Ne cherchez plus le patron idéal : le Huffington Post l’a trouvé. Il y a quelques jours de cela, le site d’informations en ligne publiait son baromètre des chefs d’entreprises préférés des Français (en tout cas de l’échantillon interrogé). Vainqueur haut la main, un apôtre de la concurrence : Xavier Niel, le patron de Free, qualifié de « Robin des bois des télécoms  ».

Il y a 2 ans, Arnaud Montebourg aurait sans doute voté pour lui. En janvier 2012, celui qui n’était pas encore ministre du Redressement productif, qualifiait ainsi l’arrivée de Free dans la téléphonie mobile : « *Xavier Niel vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d’achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans * »

Mais depuis, on dirait que les temps ont changé. Désormais, Niel n’a plus les faveurs de Montebourg. Le ministre déplorait ainsi, en décembre dernier, qu’il y ait « *toujours plus de destruction d’emplois dans les télécoms grâce aux excès low cost de Free mobile * »

On pourrait se contenter de pointer ce double discours. Mais en y réfléchissant bien, les propos d’Arnaud Montebourg ne témoignent-ils pas de notre rapport ambigu à la concurrence, sur l’air de « je t’aime moi non plus » ? Oui à la concurrence quand elle permet de faire baisser les prix, mais Non quand elle se traduit par des pertes d’emplois.

David Thesmar et Benjamin Coriat
David Thesmar et Benjamin Coriat Crédits : JCF - Radio France

« Y a-t-il des limites à la concurrence ?  »

C’est notre sujet du jour.

Le contre-point de Mélanie Chalandon  : Des entreprises qui collaborent tout en étant en concurrence, cela existe. On le constate notamment dans le domaine des logiciels libres. Explications avec Benjamin Sonntag , gérant d'une société de service en logiciels libres, Octopus, et co-fondateur de l'association La Quadrature du Net.

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Benjamin Sonntag
Intervenants
  • Économiste, professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris XIII et membre du CA du collectif des Économistes Atterrés
  • professeur de finances à HEC
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Production déléguée
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