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Marche blanche en hommage à Sarah Halimi, le 9 avril 2017 à Paris

Y a-t-il un déni d'antisémitisme en France ?

40 min
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Après le meurtre de Sarah Halimi, des intellectuels ont critiqué le traitement judiciaire et médiatique de cette affaire. De la mort d’Ilan Halimi en 2006 à aujourd’hui, la société française est-elle traversée par un déni d’antisémitisme ?

Marche blanche en hommage à Sarah Halimi, le 9 avril 2017 à Paris
Marche blanche en hommage à Sarah Halimi, le 9 avril 2017 à Paris Crédits : Alphacit NEWCIT - AFP

La semaine dernière, le Figaro publiait un appel d’intellectuels demandant "Que la vérité soit dite" à propos du meurtre de Sarah Halimi. Sarah Halimi est morte le 4 avril dernier à Paris, défenestrée après avoir été battue par son agresseur. Des témoins affirment l’avoir entendu crier "Allah akbar". Il a été hospitalisé d’office et pourrait ne pas être jugé si l’abolition de son discernement est reconnue au moment des faits.

"Que la vérité soit dite". Les signataires de l’appel : Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Michel Onfray…, ne se satisfont pas de la tournure prise par l’enquête, et encore moins de son traitement (ou plutôt de son absence de traitement) médiatique. Selon eux, le meurtrier de Sarah Halimi "ne pouvait ignorer la judéité de sa voisine". Or le caractère antisémite de l’agression n’a pas été retenu pour l’instant. "Tout laisse penser, dans ce crime" écrivent-ils, "que le déni du réel a encore frappé".

Ce qui est vrai, c’est que jusqu’à l’appel publié dans le Figaro, ce meurtre avait été très peu médiatisé. Et ce qui est frappant, c’est que cette affaire renvoie immédiatement à une autre, plus ancienne : le meurtre d’Ilan Halimi en 2006, après 24 jours de séquestration, et le temps qu’il avait fallu à l’époque pour que le caractère antisémite de son enlèvement soit admis par les enquêteurs et les journalistes.
Cela dit, les choses n’ont-elles pas changé depuis ?

"Y a-t-il un déni d’antisémitisme en France ?"

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Intervenants
  • avocat, président d'honneur de la LICRA, qu'il a présidé de janvier 2010 à novembre 2017
  • Magistrate, secrétaire générale de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme
  • Sociologue, directeur d’études à l’EHESS
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